




| :: Jour moins 2 (le 11 Septembre 2003) - Denis part SEUL ! |
Récit par Denis Lecomte
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Ayant du prendre l'avion plus tôt que Benoît et Véronique, les autres vols étant beaucoup plus chers, je (Denis) suis parti le 11 septembre. Brrr !
Je n'étais pas très rassuré, car c'est la première fois que je pars dans un pays où je ne comprends pas la langue et où des surprises peuvent avoir lieu. Pas tellement à cause de la date anniversaire des attentats du WTC, mais plutôt de tout ce que j'avais entendu à propos de la sécurité en Amérique du sud près de la Colombie. C'est tellement rassurant de partir avec Benoît qui prépare tout bien à l'avance et tel un chat, retombe toujours sur ses pattes en cas de coup dur... Heureusement il avait réservé un hôtel tenu par une patronne française, je n'avais aucun souci à me faire un taxi devait me prendre à l'aéroport de Quito et me conduire à l'hôtel.
La journée du 11 septembre fut longue puisque on se dirige de l'Europe vers l'Amérique en volant vers l'ouest. |
Je me lève au petit matin pour prendre l'avion Bruxelles-Madrid. Avec deux heures d'attente à Madrid. Je suis gonflé à bloc, paré à tout... tout est prévu par Benoît. J'ai des poches secrètes un peu partout, de l'argent (des $ US) planqué à des tas d'endroits, dollars que je retrouverai par hasard petit à petit au cours du voyage. Surtout une pochette de sécurité pendue au cou, sous ma chemise, achetée 2,5 € au marché à Bruxelles, qui contient quand même LA réserve précieuse c'est-à-dire l'essentiel : passeport, cartes de crédit, billets d'avion, argent. Benoît m'a conseillé de ne rien mettre dans un sac banane autour de la taille, c'est toujours là que les voleurs se servent sans qu'on ne sente rien. J'ai pris un sac banane bien mis en évidence pour dérouter les pickpockets, mais qui ne contient rien d'essentiel. Astuce ! Alors que l'important se trouve ailleurs, ils peuvent voler ce qui est bien visible.
Je m'installe pour un long vol, et je discute avec l'équatorien impeccablement habillé à côté de moi dans un sabir mélangeant l'anglais, l'espagnol, le français et autres gestes. Avec d'autres de ses compatriotes, il me renseigne les plats essentiels du pays à goûter dont le célèbre locro. C'est une soupe fabuleuse en effet, parfois au Queso parfois à l'avocat. Il me dit combien Banos est magnifique avec son volcan en éruption, le Tungurahua. Il avait bien raison. Il me met aussi en garde contre les voleurs qui vous prennent tout sans que vous ne sentiez rien. Des experts en Equateur, parait-il.
Il en profite pour s'enfiler un nombre impressionnant de petites bouteilles de whiskies, gratuites. Comme il n'ose plus trop en demander à l'équipage et que je n'en bois pas je vais le ravitailler et il est ravi ! Je crois comprendre alors qu'il s'occupe de contrebande de diamants, et il connaît de nom de la ville d'Anvers. Il est d'ailleurs totalement incapable de prononcer ce mot, c'est curieux...
Je reste assez bien éveillé, légèrement assoupi, en rêvant des merveilles que nous allons découvrir, en songeant qu'il faudra faire très attention de ne rien se faire voler, et je souris en moi-même en pensant à ma pochette secrète inviolable...
Je suis réveillé par un passager se trouvant deux ou trois sièges derrière moi, me demandant si cette pochette qu'il me montre est à moi. Ma pochette ???? Elle se trouvait autour de mon cou puis au milieu du couloir au fond de l'avion et il me la tend ! Je ne saurais exprimer ce que j'ai pensé à ce moment, mais je crois que j'ai stressé en pensant que tout était vide, volé par un pickpocket expert, et que j'aurais des emmerdes à n'en plus finir à l'arrivée, n'ayant ni argent ni papiers ni rien... Je vais vite dans les toilettes. Miracle : tout y est ! Je dois vraiment remercier Saint Antoine de Padoue ! En attendant je remarque que le cordeau autour du cou a cisaillé l'attache sur la pochette et elle a glissé sous mon pull et est sortie, la pochette est tombée par terre, les gens en piétinant l'ont fait partir au loin. C'est vraiment de la mauvaise qualité, il est impossible de réutiliser cette pochette. Je mets tout dans mon fidèle sac banane qui ne m'a jamais lâché, lui. Je le mets, de plus, à l'intérieur de mon pantalon où vraiment je vois pas comment on pourrait me le prendre à moins de m'arracher ma culotte. Je reviens à ma place ravi et soulagé.
Inutile de dire que je ferme plus l'oeil du voyage, après un stress pareil.
A l'arrivée il faut évidemment montrer ses papiers et comme ils se trouvent au fond de mon pantalon, dans la banane, j'ai les plus grandes difficultés à extraire ce qu'il faut. Je remets tout en place au plus vite. Je récupère sans problème mon sac à dos et pour sortir il faut donner le ticket de réception des bagages, je me recontorsionne pour trouver ledit ticket, le préposé farfouille dans mon sac banane alors sorti : il a l'air de savoir lui où il est ce fichu ticket et il le trouve !... puis j'essaye le plus discrètement possible de ranger à nouveau mon sac banane où vous savez... et sans perdre des bagages, juste à la sortie où pullulent en général les voleurs. Durant l'opération, alors que je suis occupé à tout remettre en place discrètement pour la n-ième fois, je suis accueilli par un immense hourra de la foule en face ! Je lève les yeux et je vois une demi douzaine de caméras de la télévision équatorienne avec les micro-perches et les sunlights allumés et braqués sur moi, et qui filment éperdument. Benoît aurait-il organisé mon accueil ? Mais non, c'est l'équipe de football nationale qui est juste derrière moi, et qui vient de rentrer du Brésil faire un match nul avec ce pays ! L'événement du siècle. Moi qui espérais être discret, je passe à la TV en cachant mon sac banane dans ma culotte, installé devant le groupe des champions...
Je me mets en quête de mon taxi, que je trouve immédiatement et nous voilà partis dans la circulation de Quito.
Surprise : la méthode pour traverser un carrefour, c'est klaxonner et passer à l'influence. Le plus gros et le plus rapide passe avant. On dirait qu'il n'y a pas de règles de circulation. Mais je ne vois pas d'accidents. Il faudrait faire la même chose en Belgique. Le taxi arrive sans encombre à l'hôtel Antinéa et la réceptionniste le paye.
On me donne ma chambre dans un charmant hôtel, avec pleins de petits patios. Je descends pour essayer de trouver un petit repas dans l'hôtel. Il est un peu tôt, mais on ouvre la cuisine pour moi. C'est une charmante demoiselle qui me fait un poulet. Elle parle français, je crois que c'était la fille de la patronne, qui a été dépêchée pour me cuire quelque chose. Ce soir je suis trop fatigué pour approfondir le sujet, et je vais dans ma chambre.
Comme je suis là plusieurs jours et que je dois attendre Benoît et Véro qui arrivent dans 2 jours seulement, je m'installe confortablement. Je vais découvrir la ville demain. Je dois acheter des cartes d'état-major, car il est passionné de cartes et elles seront bien utiles pour notre voyage. Je m'endors avec mon sac banane... Il vaut mieux être un peu parano que pas assez, et la suite va nous le démontrer. Il ne faut jamais relâcher sa vigilance, même quand on arrive dans un endroit connu.
| :: Jour moins 2 (le 12 Septembre 2003) |
Récit par Denis Lecomte
Le soleil vient me caresser le matin, et je vais vite regarder où se situe l'hôtel. La ville est entourée de hautes montagnes, des volcans en fait. C'est superbe, mais il faut monter sur le toit pour les voir.
Au petit déjeuner d'autres clients sont là, une française et sa petite fille, et un couple de belges avec leurs quatre enfants. L'homme travaille à l'ambassade de Belgique et ils cherchent une maison à louer, en attendant ils logent à l'hôtel. Leurs enfants sont scolarisés au lycée français. Nous bavardons et on comprend que nous avons été dans la même université sur le même campus à la même période... décidément le monde est petit !
Je bois du tomate de arbol. Je crois que c'est du jus de tomate, hé bien pas du tout, c'est un fruit qui pousse sur un arbre (arbol). Il est impossible d'avoir de l'eau chaude pour le thé, elle bout très vite avant qu'elle soit vraiment chaude. C'est à cause de l'altitude, nous sommes à 2800 mètres. Le temps est celui d'une douce matinée de printemps.
Nous sommes un vendredi et c'est la dernière matinée du jour où il est possible d'acheter des cartes à l'Institut Géographique Militaire. http://www.igm.gov.ec/. Je m'informe au bureau de l'hôtel pour savoir ce que pourrait coûter un trajet aller retour jusque là, car je ne voudrais pas me faire arnaquer dès le début en payant dix fois le prix. Le secret pour ne pas payer de trop est de demander le taximétro (compteur). Me voilà parti dans cette immense ville inconnue à la recherche des cartes de Benoit. C'est en fait tout près de l'hôtel, et par la suite je marcherai presque chaque fois, quand le quartier est sûr.
L'IGM est sur une colline. A la porte d'entrée, il y a obligation de laisser son passeport au militaire de service. C'est vraiment comme une caserne, et j'ai l'impression de pénétrer dans l'antre de la junte militaire ! Je trouve bien vite le département des cartes. Tous les équatoriens rencontrés sont d'une gentillesse et politesse parfaite. Dans la salle des cartes, il y a des énormes classeurs qui contiennent toutes les cartes du pays. Elles sont crasseuses, comme d'ailleurs beaucoup de choses dans ce pays. Je demande les cartes convoitées qu'on me donne de suite très courtoisement et puis facture, cachets, et force de signatures sur des tas de papiers en 5 exemplaires; je paye avec un billet de 5$. C'est presque impossible de me rendre la monnaie, ils doivent s'y mettre à plusieurs pour vider leurs portefeuille et trouver la mitraille qui s'en va alourdir mes poches. Je récupère mon passeport et puis retourne à mon taximen qui m'attendait en nettoyant sa voiture.
J'ai une petite faim en arrivant à l'hôtel et je vais déjeuner chez Aladin. Un snack arabe en front de rue, c'est vraiment sale. Les tables collent. J'avale un truc difficile à digérer. Je découvre la cerveza Pilsener conditionnée en grandes bouteilles d'une contenance étrange. J'en boirai plusieurs bouteilles ! Sans doute l'air de l'avion m'a desséché ? Ou bien le prix d'un dollar la bouteille ? Le vin est très cher et seule la bière est forcément capsulée, elle est donc sûre pour nos estomacs européens. J'effectue une petite visite du quartier Mariscal de l'hôtel Antinéa. C'est très plaisant, des petites rues se coupant à angle droit, des maisons basses avec des arbres devant sur la rue, et surtout beaucoup de restaurants, des petits hôtels, des cybercafés, des discothèques, des lavanderia, des écoles de langue, de danse, des cireurs de chaussures, bref tout ! Le quartier est assez rassurant de prime abord. Le soir il est très animé.
Mais pour l'instant je vagabonde.
Je décide d'aller voir la statue qui domine la ville la Virgen de Panecillo. Mais je prends un taxi, car c'est loin et les quartiers autour de la colline sont très peu sûrs. De là on voit un panorama extraordinaire. Surtout si on monte à l'intérieur de cette curieuse chose. On comprend de suite comment la ville immense est structurée. Toute en longueur, le Panecillo est au milieu. Des quartiers très pauvres à perte de vue. Le Quito Colonial historique est au pied de la colline. On voit les places principales de la vieille villes : la place de l'Indépendance, et la place avec le monastère San Francisco. Plus loin le Quito moderne qui commence après le parc El Ejido noeud entre les deux parties intéressantes de la ville :Quito Colonial et Quito Moderne. Le reste, c'est surtout des quartiers très pauvres et dangereux, ou bien des zones avec des villas de luxe invisibles et bien gardées.
Au loin le Cotopaxi, le plus haut volcan du monde en activité et son cône parfait de 5911 mètres qui est en train de se réveiller et risque de détruire une bonne partie de la ville. Le Guagua Pichincha de 4784 mètres qui pète régulièrement, parait-il, en jetant sur la ville quelques centimètres de cendres noires. Aussi le plus dangereux. Mais je n'observe rien comme activité, les cratères sont de l'autre côté. Après avoir pris une bonne quantité de photos, je reprend mon taxi qui est resté sur place.
Le soir tombe vite car la ville est située quelques kilomètres seulement au sud de l'équateur terrestre . Je décide d'aller manger dans un resto mexicain. Il y a de tout comme restos dans le quartier de l'hôtel. Je mange comme un ogre et je bois tout ce qu'il est possible comme Pilsener pour 5 ou 6 $. Le quartier devient très animé avec les cafés et les discothèques qui ouvrent les bars. Des gens urinent en pleine rue comme ça devant tout le monde. Tout semble normal. C'est vendredi soir. Moi je vais me coucher, et je regarde un peu la TV.
| :: Jour moins 0 (le 13 Septembre 2003) : voilà la relève |
Récit par Denis Lecomte
Benoit et Véro n'arrivent qu'à 16:00 h et j'ai de nouveau toute la journée pour m'occuper.
Je décide d'aller voir le Quito Colonial que j'ai traversé en taxi hier. Je vais a pied, et traverse le parc El Ejido, puis après être passé près de la basilique (quelconque et moderne) que l'on voit de partout, j'arrive à la place de l'Indépendance. Très jolie, très douce, des policiers de la garde touristique sont partout et je suis pratiquement le seul touriste. A quelques pas de là, la place San Francisco, superbe, plus âpre avec ses pavés sombres. Je visite le musée du monastère, art religieux, bof. Peut être pour les amateurs du genre.
Je visite l'église du monastère : il y a une messe et c'est bondé. Les fidèles sont très fervents, je n'ai pas vu ça depuis longtemps. Le sol est en bois de grosses planches, l'édifice est en restauration. Pas mal.
Je retourne vers l'hôtel, et je constate qu'il est presque l'heure de l'arrivée de l'avion de Benoît et Véro. Je vais à pied sur la colline près de l'IGM et je les vois passer à l'heure. Je m'amuse en pensant au freinage étonnant que l'avion effectue en ce moment !
Je rentre à mon aise et je les attends sur le banc en face de l'hôtel.
Coucou ! Ils ont pris le même taximen que moi qui est venu les chercher accompagné de sa femme. Le groupe est maintenant au complet.
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Récit par Denis Lecomte - Janvier 2004 - Email: denis.lecomte@skynet.be
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