Jour 1
Le vol et l'arrivée
Jour 2
Le Quito Colonial
Village de Caldéron
Jour 3
Cratère du Pululahua
Midad del Mundo
Jour 4
Travel Agency Shopping
Jour 5
Tandayapa
La Cloud Forest à vélo
Jour 6
Marché d'Otavalo
Jour 7
Bus pour le Cotopaxi
Cheval près du volcan
 
Jour 8
Vélo sur le Cotopaxi
Jour 9
La cratère de Quilotoa
Jour 10
Bus jusqu'à Riabamba
Village de Guano
Jour 11
Balade dans la ville de Riobamba
Jour 12
Bus jusqu'à Banos
Eruption du Tungurahua
Jour 13
Balade sur les hauteurs de Banos
Jour 14
Rio Verde, Pailon del Diablo et Tarabita
 
Jour 15
Route de Puyo en VTT
Jour 16
Salasaca
et Montée au volcan (parc Sangay)
Jour 17
Bus jusqu'à Puyo puis Tena, Misahualli
Jour 18
Selva Viva
Foret amazonienne
Jour 19
Selva Viva
Foret Amazonienne
Jour 20
Tena - Quito en bus
Jour 21
Dernier achat et retour à Madrid

 


 

:: Jour 9 (le 21 septembre 2003) - La lagune de Quilotoa

 

Il ne fait pas beau ce matin. Toute la plaine, le Paramo, autour du Cotopaxi est bouchée par le brouillard. Pas de chance pour nous qui allons jusqu'à la lagune du Quilotoa. On craint d'y aller pour rien et de ne pas pouvoir admirer le lac à cause du brouillard. 

 

Il est 07:30 et nous allons déjeuner en attendant l'arrivée de notre guide. Malgré que nous ayons prévenu l'hôtel que nous devions déjeuner tôt, rien n'est prêt. Cependant, de l'eau et du lait bouillent dans la cuisine. De toute évidence, ils ne nous ont pas oubliés mais ils sont occupés à autre chose. Ils semblent avoir un problème. Je rentre dans la cuisine pour essayer d'apercevoir quelqu'un. Je vais dans l'autre partie de la maison où habite la famille. Il n'y a personne. Même les chiens ne viennent pas. Étonnant. 

 

Après 20 minutes d'attente, voici notre guide qui arrive avec une jeep Cherokee bleue à moitié pourrie. Avec le bruit qu'il a fait, voilà des responsables de l'hôtel qui arrivent. Vite, ils dressent la table et nous servent à manger. Des croissants, du chocolat, du thé vert " Sangay " et des œufs. Par politesse et pour essayer de lier contact avec Luis, notre guide pour la journée, je lui propose du café. Il refuse et reste assis en retrait près du feu. Pour ne pas être en retard, nous avalons très rapidement le petit déjeuner. Le brouillard ne se lève pas et, inquiet, je demande à Luis si ça vaut la peine de partir. Très confiant il nous dit que le climat à Quilotoa est tout à fait différent et qu'il n'y a jamais de nuages. Son discours me fait penser à celui de Jürgen qui, la veille, nous affirmait qu'il faisait toujours beau au sommet du Cotopaxi. On se souvient de la neige. Résolu, nous partons avec Luis.

 

La route vers Quilotoa est assez longue. Nos passons par Latagunga où j'irais acheter de quoi boire et manger lors d'un arrêt chez l'épicier du coin. Le prix des marchandises est moitié moins cher que ce que nous avions payé jusqu'ici. Est-ce la présence de Luis ou bien le prix normal pour cette petite ville ? Nous ne le saurons jamais. A partir de la sortie Ouest de la ville, la route n'est plus revêtue et nous voilà partis sur une piste caillouteuse et pleine de nids-de-poule. On a l'impression que la route a été bombardée tellement les trous sont profonds. 

 

On comprend mieux pourquoi la 4x4 de Luis et à moitié pétée. Tout en montant dans la montagne, nous passons par le village de Pujili. Des statues multicolores sont postées à tous les coins de rues. Luis nous apprendra que cet art est la spécialité locale. C'est vraiment très kitch.

 

    

  

Le temps n'est s'améliore pas et au sommet du col, à plus de 4000m d'altitude, nous nous retrouvons dans un brouillard dense. Ici, le paysage est couvert d'herbe jaunie. Il y a des huttes en paille au milieu de ces pâturages. De temps en temps nous voyons un troupeau de chèvres ou de moutons guidés par des enfants. D'où sortent-ils, où habitent-ils ? A part les huttes il n'y a rien. D'après le guide, ils vivent ici, dans les maisons de paille. 

 

 

 

Tout à coup, poussé par le vent qui souffle de plus en plus fort, les nuages s'écartent et nous laisse découvrir le patchwork de couleurs vertes et jaunes typiques du Paramo. Ce sont des champs. Toutes les pentes sont cultivées jusqu'à la crête quelle que soit l'inclinaison. 

 

 

 

En sortant de la voiture pour prendre une photo, je suis emporté par le vent. Pas moyen de tenir debout sans s'appuyer. Je m'envole littéralement. Le vent souffle tellement fort qu'à un moment, le capot de la voiture se décroche et, en s'ouvrant, vient boucher complètement la vue du conducteur. Apparemment habitué, il ne s'arrête même pas et attend que le capot retombe tout seul. On est tellement secoué que l'accroche du capot ne tient pas. Luis s'arrêtera plusieurs fois pour le fixer et moi, pendant ce temps, j'en profiterais pour photographier les femmes marchant à pieds nus sur la route avec leurs lamas 

 

 

A partir du village de Zumbahua, la route est à nouveau asphaltée. D'après le Lonely Planet, cette section est dangereuse pour les touristes et quelques agressions ont été signalées. En effet, les gens n'ont pas l'air bien sympathiques et nous regardent passer comme si nous étions des extra-terrestres. Luis roule vite sans se préoccuper des piétons. Nous traversons en village en fête. Il y a un podium avec des filles qui dansent. Elles sont habillées comme dans un bordel. On pensait être en plein moyen-âge et nous voilà au pays de la débauche. Les femmes servent de la bière aux hommes qui sont réunis au milieu de la place. 

 

Après plus de deux heures de route, nous arrivons enfin à Quilotoa. Business is business, l'entrée du village est payante. En fait, le cratère est dans le village et c'est l'accès au site qu'il faut monnayer. Luis parque la voiture près d'un petit bar et vient avec nous jusqu'au bord du cratère. En chemin, nous croisons Jürgen dans sa jeep. Hier, il avait dit qu'il continuait l'expédition jusqu'ici avec quelques clients. 

 

Le guide avait raison, depuis le passage du col à 4000m, le climat a radicalement changé. Il est passé de pluvieux à sec. D'ailleurs le paysage a aussi changé. Au Cotopaxi, tout est vert. Ici, tout est sec et brûlé par le vent et le soleil.

 

 

La vue du lac depuis le bord du cratère est splendide. Les eaux sont bleu turquoise et vert olive. La couleur change avec l'ombre des nuages qui se déplace à la surface du lac. Nous sommes à 400m au-dessus du fond du cratère. La descente n'a pas l'air facile mais nous décidons d'y aller pour être comme entouré par le cratère. Luis nous indique le début du sentier et nous dit de prendre tout notre temps, il attendra dans la voiture.

 

 

 

Tout au long de la descente, nous croisons des mulets exténués par la montée et la charge qu'ils transportent. Des grosses allemandes et équatoriennes se marrent comme des baleines sur le dos des mulets qui tentent de remonter. J'avais été impressionné par la montée de Pululahua. Ce n'était rien à coté d'ici. Le sentier, extrêmement raide par endroit, serpente à travers des saignées faites dans la paroi par les Incas. A l'époque, les Incas descendaient pour boire l'eau du lac qui, prétendument, a des pouvoirs guérisseurs. Aujourd'hui, les locaux y croient encore et descendent régulièrement. On marche dans du sable et des pierres qui tiennent à peine sur cette pente escarpée. On n'ose pas penser qu'il va falloir tout remonter.

 

 

En bas, il y a quelques moutons, des petites maisons qui doivent servir d'auberge pour les touristes, une plage quasi déserte, et un ponton où louer un pédalo. Quatre équatoriens sont dessus en train de s'amuser. Manifestement ils ne comprennent pas comment ça marche et passent leur temps à tourner en rond. C'est à piser de rire tellement ils sont nuls. Même le débarquement est hilarant. Ils n'arrivent pas à revenir. Le loueur doit leur jeter une corde pour les rattraper. 

 

On passe une petite heure au bord de l'eau à pique-niquer en admirant le paysage et en se motivant pour la remontée. Le soleil tape à cette altitude et l'absence de vent rend la température très agréable.

 

 

 

On prend notre courage à deux mains, de toute façon faut bien rentrer, et nous voilà partis pour la remontée. A ma grande surprise, je n'ai pas trop de peine et Véro non plus. Par contre Denis est à la limite de l'asphyxie totale et éprouve de grandes difficultés à mettre un pied devant l'autre. La pente raide couverte de sable rend l'ascension pénible. A chaque fois que l'on avance de 2 pas dans le sable, on recule d'un. Il faut avancer un crabe pour évoluer plus facilement sans trop se fatiguer. Après 1 heure 30, nous arrivons au sommet où des marchands ambulants sont installés pour vendre leurs brols. Ici plus qu'ailleurs, ils vendent des tableaux à la peinture à l'huile représentant des paysages andins. L'idée est bonne mais le choix des couleurs bleu, rouge et vert pétants rend l'œuvre abominable. Comme prévu, Luis nous attend dans la voiture. Nous le réveillons en pleine sieste. Le chemin du retour se fera sans encombre sous un ciel nuageux laissant apercevoir le soleil de temps en temps. Le sommet du Cotopaxi, que nous devions voir depuis la lagune ne se sera jamais dégagé. Dommage.

 

Avant de nous ramener à l'hôtel, Luis nous propose de passer par son village pour nous montrer sa maison et prendre quelques affaires. Il habite à proximité de la Cienega. Nous étions passés par ici quelques jours plus tôt avec les chevaux. Il s'arrête devant un bar où des femmes préparent à manger sur la rue. Elles cuisinent des sortes de crêpes épaisses cuites dans l'huile. Luis en achète quelques unes et nous propose de nous installer pour manger avec lui. Pendant que la nourriture cuit, nous aiderons Luis à réparer la roue avant de sa voiture qui vient juste de crever. On a eu du bol que ça ne soit pas arrivé plus tôt. Ici, on est sur de l'asphalte et on a des Pilsener…. On mangera ensemble à l'intérieur du bar qui est plus ou moins propre. Petit passage par sa maison où il y a un tas énorme de chapeaux en paille fabriqué dans son jardin avant de rentrer à l'hacienda. Les chiens ne peuvent pas s'empêcher de nous accueillir ainsi que les 6 petits Saint-bernard qui viennent pour jouer. Comme convenu, Luis nous demande 70.00USD pour la journée passée ensemble. Il nous demande aussi de le recommander à des amis touristes qui voudraient venir en Equateur. On reçoit chacun sa carte de visite et nous nous séparons amicalement.

 

Véro en a ras-le-bol de loger à Cuello de Luna, dans le froid et le brouillard. Elle voudrait que l'on s'en aille. Le programme que j'avais élaboré prévoyait de rester encore deux jour pour aller marcher dans le parc et puis d'aller à Baños. Nous sommes donc deux jours trop tôt et il faut trouver ce que l'on va faire. Par chance, nous sommes en milieu de semaine et si l'on va à Riobamba, nous pourrons voir partir le fameux train des Andes samedi matin. Affaire réglée, nous décidons de partir demain matin et allons boucler les sacs avant de dîner.

 

Ce soir, il y a un étranger dans l'hôtel. Un homme vêtu d'une grosse veste rouge est derrière le bar. On dirait qu'il contrôle les comptes. En tout cas, il n'est pas très doué pour le feu. En tentant de l'allumer, il arrive à enfumer toute la pièce. Il n'a pas l'air sympa et ne rigole jamais. J'essaie de lui poser quelques questions en espagnol mais il n'est pas très loquace. Durant le repas, Véro lui demandera quelque chose en espagnol et il répondra dans un français impeccable. Un peu perturbé, je lui demande pourquoi il n'a pas parlé plus tôt avec nous. Il répond qu'on ne lui a pas demandé. Glacial ce gars. L'ambiance se réchauffe lorsque l'on aborde la montagne. Ce monsieur est en fait un guide de haute montagne formé en France. Il accompagne les clients de l'hôtel dans l'ascension des volcans environnants et aide la famille qui vit ici dans la gestion de l'hôtel. On parlera ensemble une bonne partie de la soirée.

 

 

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Récit par Benoit Gosselet - Décembre 2003 - Email: bgosselet@swing.be

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