




| :: Jour 8 (le 20 septembre 2003) - Vélo sur le Cotopaxi |
Quelle nuit fabuleuse ! Absolument rien n'est venu troubler notre repos à l'exception des chiens qui ont aboyés en plein milieu de la nuit. Même la température particulièrement basse ne nous a pas dérangés. Le feu a brûlé une bonne partie de la nuit et a maintenu la température à un niveau acceptable. Le thermomètre affiche tout de même 8° à l'intérieur. Dehors, il fait frais mais sans plus. Le ciel est très nuageux mais pas de brouillard.
Pendant le petit déjeuner, nous demandons s'il est possible de nous arranger une journée avec guide pour aller à la Lagune de Quilotoa. Le gars à la réception dit qu'il va s'informer auprès d'un guide de la région et que l'on en saura plus au soir.
Au programme de la journée, descente du Cotopaxi à vélo avec Biking Dutchman. A Quito, nous nous étions donné rendez-vous à 09:00 à l'entrée du parc au panneau indicateur. N'étant pas très loin, nous rejoignons le point de rendez-vous à pieds. Nous avons juste à traverser la PanAm pour y être.
Comme prévu, les 4x4 de biking dutchman sont là. Jurgen aussi est là et nous nous retrouvons comme si on se connaissait depuis toujours. A la différence du trip précédent, le groupe est composé d'une vingtaine de personnes venant de tous horizons. Ils ont
quittés Quito vers 7:00 et sont encore en train de dormir dans les voitures.
Nous embarquons avec Jurgen pour rentrer dans le parc et aller jusqu'au refuge du volcan situé à 4800m. La piste d'accès est caillouteuse et a été partiellement emportée par les pluies torrentielles de El Nino il y a quelques années. On traverse une rivière, passe à travers des coulées de lave avant d'arriver à l'entrée du parc. Un poste de rangers barre le passage et nous devons nous acquitter d'un droit d'entrée de 10.00$ par personne. Pas donné d'autant qu'il n'y a pas de plan fourni, pas d'indication, pas de rangers, de services, etc. Bref rien. On paie pour l'entretien du parc que le gouvernement équatorien ne peut financer. A l'entrée, il y a quelques marchands d'articles pour touristes. Rien de biens joli. Il y a aussi des chiens qui mendient. A notre grande surprise, voilà un bus qui arrive. Mais comment a-t-il fait pour passer la rivière et la route défoncée sans rien casser. Les chauffeurs équatoriens sont vraiment incroyables.
On remonte dans les voitures et roulons à présent sur le paramo. La plaine d'altitude des Andes. A notre droite, le cône majestueux du Cotopaxi avec malheureusement la tête dans les nuages. Jürgen prétend qu'il y a un micro climat là haut, que le temps sur l'autre face est différent et que l'on ne doit pas s'inquiéter, il fera beau. Je ne le crois pas et crains le pire: pluie et neige. De temps en temps, une percée dans les nuages nous laisse voir le sommet enneigé du volcan. La couleur ocre de la montagne qui contraste avec le blanc de la neige et le bleu du glacier est splendide. Nous mettrons plus d'une heure pour arriver au refuge à la limite du glacier. Le vent souffle très fort et il fait glacial. Collectionneur de roche volcanique, je vais jusqu'à la coulée de lave pour prendre un échantillon. Le sol composé de cendres rouges est très instable et je dois faire très attention de ne pas tomber dans le couloir de lave sous peine de ne plus pouvoir remonter.
Le groupe est en train de se préparer pour le trip. Les 40kms de descente à vélo jusqu'à l'entrée du parc vont être fabuleux. On va prendre son pied. Pour nous faciliter la vie, Jürgen a pensé à prendre les vélos que nous avions à Tandayapa. Comme ça pas besoin de refaire les réglages. Vu la descente à faire et le temps qui continue à se gâter, on se couvre comme des esquimaux en mettant plusieurs couches de pulls sous les vestes.
Cliquez ici pour visualiser la carte du parcours...
Ca y est, c'est parti pour la grande descente. On part de 4633m pour aller jusqu'à 3400m. Quel dénivelé. Comme je le sentais, voilà la neige qui commence à tomber. Puis des grêles et enfin une pluie glaciale. Poussés par le vent fort, nous avons les joues frigorifiées et les vêtements trempés. Qu'à cela ne tienne, on est ici pour s'amuser, alors amusons nous. Je décide de ne pas suivre les lacets de la piste mais de couper à travers champs. Je descends en ligne droite par la plus grande pente et coupe régulièrement la piste à angle droit. Par amusement, j'essaie de croiser la piste au moment où Véro passe. C'est géant. On roule dans les cendres volcaniques. Peu de cailloux, pierres ou rochers pour nous arrêter. Je fonce comme un pété. Mon GPS indique que je descends très très vite mais j'ai pas le temps de regarder la vitesse à laquelle je roule. La descente raide dure environ 1 heure et s'achève sur le paramo. Arrivé en bas, je découvre avoir atteint une vitesse maximale de 82kms/h. Wow ! Me retournant, je contemple le cône du volcan et n'en reviens pas que le petit point jaune en haut est le refuge d'où nous sommes partis. Il est très loin et nous n'avons mis qu'une heure pour descendre.
La suite du parcours se fait sur des pistes qui n'ont pas été empruntées par des voitures. C'est beaucoup plus soft mais n'en reste pas moins spectaculaire. On roule jusqu'au lac de Limpiopungo où les voitures nous attendent pour une petite pause. Tout à coup, des chevaux sauvages traversent la piste. On est vraiment loin du monde civilisé. La vue sur le cône volcanique enneigé avec des chevaux insouciants galopant à ses pieds nous ramène des milliers d'années en arrière, avant que l'homme ne vienne tout abîmer. Malheureusement, nous ne verrons pas le couple de condors qui logent au sommet du volcan.
Nous déjeunons sur le parking du musée. Le repas est rigoureusement le même que celui que nous avions mangé à Tandayapa il y a 2 jours. Anna cuisine bien mais elle n'est pas très imaginative. Disons plutôt, qu'elle gère bien son business. Le musée n'a rien d'intéressant et on comprend le manque de moyen du pays. Tout est abîmé. Denis et Véro sont impressionnés par le condor empaillé. Cet animal est énorme.
La fin du trajet se fait sur la route d'accès du parc. Nous croiserons quelques 4x4 et devrons, pour la première fois depuis le départ, affronter des montées. A cette altitude, une pente que l'on aborderait facilement parait être insurmontable. Après une heure de vélo, nous arrivons au point de départ, l'entrée du parc. Tous les marchands sont partis. Il ne reste plus que les chiens qui attendent à manger et des caresses. Le groupe arrive au compte goutte. En attendant les voitures, nous nous prélassons sur l'herbe et profitons du soleil couchant.
Nous montons dans une voiture pour rejoindre la PanAm. Avant de rentrer, nous allons jusqu'à une agence de voyage située à l'entré du parc pour essayer de trouver un guide pour aller à Quilotoa. On tombe sur un monsieur qui a l'air bien sympathique. Après 5 minutes de discussion on comprend qu'il a été contacté par l'hôtel et que c'est lui qui va nous conduire demain. Les présentations sont faites. Il s'appele Luis Medardo Toapanta et est le patron de l'agence Zona Verde (Telf (03)721-024, Celular (09)9 882674 Email: zonaverdecotopaxi@hotmail.com)
Après cette bonne nouvelle, nous rentrons à pieds jusqu'à Cuello de Luna. J'avais repéré que nous faisions un détour monstre en suivant le chemin et qu'il devrait être possible de couper à travers champs pour gagner un peu de temps. Denis et Véro refusent de me suivre. Nous nous séparons, ils empruntent le chemin et moi je décide de passer à travers champs, convaincu que j'arriverai bien avant eux. Cuello de Luna est situé au bord d'une faille tectonique ayant créé un profond ravin entre la Panam et l'hacienda. Malgré tous mes efforts, il est absolument impossible de franchir ce fossé et je dois rebrousser chemin. Arrivé à l'hacienda par le chemin normal, j'ai droit à tous les commentaires et à toutes les moqueries de la part de mon camarade et de Véro. Une chance, les chiots sont là pour me consoler et pour jouer avec moi. Parmi tous les petits, il y en a un qui m'aime plus que les autres et qui passe son temps à me suivre. Dommage que l'on ne puisse en ramener un sinon il était choisi. Les trois chiots ne sont en fait pas seuls, il y en a six. Devant les yeux énormes des parents St. Bernard qui ne font preuve d'aucune agressivité, je m'amuse comme un fou avec les six petits.
On est toujours seul et la soirée se passe autour d'un feu comme hier. Le repas est délicieux. En prévision d'une nuit glaciale, on fait un stock de bois et on surchauffe les chambres. On atteint péniblement les 20°c dans la pièce.
Fatigué par la longue journée nous nous écroulons dans le lit.
Récit par Benoit Gosselet - Décembre 2003 - Email: bgosselet@swing.be
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