Jour 1
Le vol et l'arrivée
Jour 2
Le Quito Colonial
Village de Caldéron
Jour 3
Cratère du Pululahua
Midad del Mundo
Jour 4
Travel Agency Shopping
Jour 5
Tandayapa
La Cloud Forest à vélo
Jour 6
Marché d'Otavalo
Jour 7
Bus pour le Cotopaxi
Cheval près du volcan
 
Jour 8
Vélo sur le Cotopaxi
Jour 9
La cratère de Quilotoa
Jour 10
Bus jusqu'à Riabamba
Village de Guano
Jour 11
Balade dans la ville de Riobamba
Jour 12
Bus jusqu'à Banos
Eruption du Tungurahua
Jour 13
Balade sur les hauteurs de Banos
Jour 14
Rio Verde, Pailon del Diablo et Tarabita
 
Jour 15
Route de Puyo en VTT
Jour 16
Salasaca
et Montée au volcan (parc Sangay)
Jour 17
Bus jusqu'à Puyo puis Tena, Misahualli
Jour 18
Selva Viva
Foret amazonienne
Jour 19
Selva Viva
Foret Amazonienne
Jour 20
Tena - Quito en bus
Jour 21
Dernier achat et retour à Madrid

 


 

:: Jour 7 (le 19 septembre 2003) - Direction le Cotopaxi

 

C’est déjà notre dernier jour à Quito. Nous devons quitter l’hôtel Antinea où nous commencions à nous sentir comme à la maison. C’est surtout vrai pour Denis qui y a passé plus d’une semaine. Pas de sentiment, le voyage continue et le pays nous attend.

 

Les sacs à dos sont bouclés. Denis, comme à son habitude, n’arrive pas à fermer le sien et se plaint d’avoir pris trop de vêtements. Il n’a pas pensé qu’il aurait l’occasion de laver son linge sur place et donc, qu’il aurait pu prendre beaucoup moins. On récupère notre argent et nos passeports dans le coffre de l’hôtel et saluons les propriétaires. Durant la discussion d’adieu, ils nous racontent qu’il faut aller en Amazonie même si ça à bien changé depuis ces dernières années. Ils nous proposent aussi de contacter un de leurs pour nous loger à proximité du cratère de Quilotoa. Sympa.

 

Notre voyage nous emmène vers le parc national du Cotopaxi à une grosse centaine de kilomètres au sud de Quito. Pour y aller, il faut prendre le bus au terminal terrestre que nous rejoignons en taxi avec tout notre barda sur le dos. Au terminal, dans une odeur d’urine épouvantable, je cherche la compagnie Riobamba qui nous avait été renseignée pour son confort. Par un tour de passe-passe que je n’ai toujours pas compris, je me suis présenté au guichet de la compagnie Riobamba et je me suis retrouvé avec des billets de la compagnie Chimborazo. Très fort les commerciaux équatoriens. Un peu inquiété par la sécurité des bagages, nous confions nos sacs à dos au chauffeur de car qui les place en soute. Jusqu’au départ, je reste en dehors du bus pour surveiller pendant que Denis et Véro se sont déjà installés à bord avec les sacs contenant les valeurs (appareil photo, caméra, argent, billets d’avion, etc). L’avantage d’acheter les billets avant d’embarquer est que des places numérotées nous sont attribuées. Nous pouvons donc nous installer l’un à coté de l’autre. C’est plus sûr pour les sacs qui ne doivent jamais être placés au dessus des têtes sous peine de se les faire voler.

 

Le car démarre. Nous quittons le terminal terrestre en passant devant une sorte de marché où l’on peut acheter de quoi boire et manger durant le trajet. Tout à l’air tellement sale que nous préférons nous abstenir. La banlieue sud de la ville est vraiment malfamée. Les maisons sont des baraques en tôles construites à flancs de montagnes. Partout il y a des ateliers de réparation de voiture et de vulcanisation de pneus. Ce n’est pas beau. Au plus vite on en sortira au mieux ce sera.

 

Le guide Lonely Planet averti qu’il faut être très vigilant avec les sacs durant le parcours en bus de Quito à Latacunga. Régulièrement, des marchants ambulants montent dans le bus pour vendre de la nourriture et des boissons mais, en plus, il y a les démarcheurs. Ceux-ci se postent en tête de bus et commencent à raconter qu’ils sont pauvres, ont un enfant qui doit être opéré, travaillent pour une association et vendent le résultat de leur travail pour avoir un peu d’argent. Pendant qu’ils racontent leur vie et que tout le monde écoute attentivement ou alors se force à ne pas écouter en regardant par la fenêtre les superbes paysages andins, un gosse qui est entré en même temps, se faufile à quatre pattes dans l’allée centrale pour ouvrir les sacs et en dérober le contenu. En effet, après une heure de car, voilà une dame qui monte pour vendre des sacs en cuir. Malgré toute notre vigilance, nous nous faisons piéger. On n’a toujours pas compris comment, aux yeux et au nez de tous, quelqu’un est arrivé à ouvrir le sac de Véro qui était à ses pieds, sangles bien accrochées aux poignets, sans qu’elle ne sente et ne voit quoique ce soit. La caméra à disparu. On ne s’en apercevra pas avant la sortie du bus. 

 

La route pour arriver au parc du Cotopaxi suit la fameuse Panaméricaine. Autrement dit, une autoroute qui file plein sud. Le paysage est joli: des prés verts avec des vaches entourés de montagnes et de volcans. C’est l’Avenue des Volcans. Obsédé par le risque de vol, nous ne sortons ni la caméra (qui n'est déjà plus là) ni l’appareil photo pour ne pas les montrer et éviter de se faire braquer. Certains nous on raconté que les équatoriens ont peur des voleurs et que, même s’ils voient un braquage, une agression ou un vol, ils n’interviendront jamais. Ca ce confirme, la caméra volée est toujours dans le bus et personne ne se manifeste.

 

Après 2 heures, le bus s’arrête au milieu de nulle part et le chauffeur nous crie qu’il faut descendre ici pour le Cotopaxi. Surpris, nous réunissons rapidement nos affaires, descendons du bus et récupérons les sacs à dos qui ont déjà été sortis. J’ai un peu eu l’impression de me faire éjecter du bus tellement çà a été vite. Le bus part à toute allure.

 

Nous voilà au bord de la panaméricaine, entouré de sapins d’altitude. On ne voit pas le volcan. En face se trouve l’entrée du parc indiquée par un panneau en bois. D’après les informations obtenues lors de la réservation de l’hôtel, nous devons remonter un chemin situé juste en face de l’entrée. Il y a en effet un sentier en terre qui traverse des champs. Personne pour venir nous chercher, comme prévu. On est très très loin de l’ambiance de Quito. Ici, tout est calme, rien ne bouge mis à part les 30 tonnes qui foncent en direction du Pérou.

Chargé comme des mulets, nous marchons jusqu’à notre hôtel, Cuello de Luna. Il est midi et il fait plein soleil. Malgré l’altitude (3400m), il fait chaud et l’ombre des eucalyptus est bien venue. C'est la deuxième fois depuis notre arrivée que nous avons des problèmes de souffle et les 15 minutes à pieds sur le chemin de terre peu vallonné nous paraissent durer une éternité.

Enfin nous y voilà. Cuello de Luna est une ancienne hacienda entièrement rénovée composée de 2 bâtiments dont une chapelle. Il n’y a personne sauf des lamas qui nous regardent bêtement et des chiens qui aboient pour nous souhaiter la bienvenue. Le gros Saint Bernard fait beaucoup de bruit mais à l’air bien gentil. Je rentre dans le restaurant-bar pour nous annoncer. Tout est éteint. Pas un bruit. C’est totalement vide. A l’arrière du bâtiment, nous voyons des gens travailler aux champs et entendons des cris d’enfants. Enfin voilà quelqu’un. Le jeune garçon est surpris de me voir. Il n’attend pas de client et n’a pas été informé de notre arrivée par l’agence de Quito qui se charge des réservations par Email. Une chance que l’hacienda est déserte. Il note nos noms sur un registre vide et nous accompagne pour nous montrer toutes les chambres. Elles sont toutes mignonnes et avons beaucoup de mal à choisir. Les chambres ont toutes un feu ouvert et un tas de bois est disposé sous la cheminée. Il n’y a pas de chauffage. Ca promet pour la nuit. On sent que l’on va se plaire dans cet environnement de solitude à l’écart de la civilisation.

 

 

Comme il est midi, le garçon nous demande si nous souhaitons déjeuner sur place. N’ayant rien à manger nous acceptons. Après s’être rapidement installés, nous allons au restaurant où une table a été dressée à notre intention. Une dame sortie d’on ne sait où est aux cuisines en train de nous préparer des sandwiches. L’ambiance dans la salle est spéciale. Il n’y a que nous et le gamin qui nous a accueillis qui fait et refait des calculs.

 

J’avais prévu d’aller faire du cheval aux environs du parc durant l’après-midi de notre arrivée. Avec des gestes et en petit chinois, on demande au gamin s’il y a quelque chose d’organisé au départ de l’hôtel. Malheureusement, nous aurions dû le spécifier lors de la réservation et il ne peut rien faire pour nous. Grâce à la préparation minutieuse du voyage, j’avais noté que l’hôtel La Cienega, situé à 10 Km au sud, organise des balades à cheval. Nous voilà donc repartis à pieds vers la PanAM pour prendre un bus.

 

Curieusement, très peu de véhicules passent sur la route durant l’après-midi. On devra attendre longtemps avant qu’un bus non-direct accepte de nous prendre. Tous les autres refusent de s’arrêter et le font courtoisement savoir en faisant des appels de phares.

L’hacienda de la Cienega se trouve dans une plaine fertile et cultivée où se prélassent des chevaux. Tout au long du chemin d’accès nous croisons des gens souriant (pas comme à Otavalo et Quito) vivant de l’agriculture. Des femmes transportent sur le dos des tas d’herbes énormes. Elles sont presque pliées en deux tellement ça doit être lourd. L’horizon est formé de montagnes et de volcans majestueux aux sommets enneigés.

 

L’entrée de la Cienega est bordée d’une double rangée d’eucalyptus avec, au fond, la vieille demeure centenaire reconvertie en hôtel de luxe. Quelques voitures ainsi qu’un car de touristes sont parqués autour de la fontaine placée face à la maison.

 

L’intérieur de la demeure est magnifique. Les murs crépis en blanc et le sol composé de blocs de roche volcanique apportent une beauté toute coloniale à l’édifice. De toute évidence, nous sommes dans un établissement de luxe. A la réception, une jolie demoiselle nous reçoit en anglais. Pour la première fois en une semaine, nous voyons une belle équatorienne. Elle nous explique qu’il est trop tard pour faire une balade à cheval mais qu’elle va demander à la patronne s’il y a moyen de faire une autre proposition. Une dame au look d’une vieille britannique vient vers nous, et dans un anglais impeccable nous propose de faire le tour de la propriété en cheval. Le prix est fixé à 4.00$ par personne. Nous acceptons et nous préparons mentalement à mettre, pour la 1er fois les fesses sur le dos d’un cheval.

Le haras est dans un bâtiment jouxtant l’hacienda. Pour y accéder, il faut traverser la cour intérieure et les jardins de l’hôtel. Tout est très joli et bien entretenu par le personnel. Un monsieur avec des bottes en caoutchouc nous guidera durant la promenade. C’est lui qui s’occupe des chevaux. Dans une brouette, il transporte tout le matériel nécessaire pour seller les bêtes. Les chevaux sont dans la prairie et ont l’air surpris de se faire appeler à cette heure. Il faudra 10 minutes pour qu’ils acceptent de venir se faire arnarcher. Ils n’ont pas l’air d’être de toute première jeunesse. Le Lonely Planet parlait de ce problème en Equateur. Les propriétaires de chevaux pensent plus à faire de l’argent avec les touristes qu’à prendre soin du dos de leurs chevaux. Moralité, ils sont souvent vieux et ont le dos complètement creusés. Pour nous, c’est pas grave car ne sachant pas faire de cheval, nous n’allons pas les mettre à dure épreuve.

 

 

 

Les chevaux sont maintenant prêts. Comme si nous étions des experts, le gars nous tend les rennes des chevaux pour que nous montions. La montée en soi n’est pas plus compliquée qu’autre chose. Par contre, nous voilà comme 3 andouilles sur le dos des chevaux que nous ne savons pas commander. Le guide, sans poser la moindre question et surtout sans rien expliquer part à l’assaut de la prairie en espérant que nous allons suivre. Mais comment expliquer à un cheval qu’il doit suivre l’autre cavalier. Personnellement, je me suis inspiré des films de Cow-boys vus à la télé et j’ai frappé les flancs du cheval avec mes talons. Miracle, il se met à marcher. Maintenant, comment le diriger. Vu notre embarras, le guide fait demi-tour et plutôt que d’expliquer frappe les chevaux pour qu’ils avancent. Un coup à droite, un coup à gauche et grosso modo nous allons dans la bonne direction.

 

La balade se fait autour de la propriété jusqu’au village voisin. A la longue, je commence à mieux sentir le cheval et surtout, je comprends que pour aller à gauche ou droite il faut tirer fort sur les mors. Ca marche pas mal et je vais plus ou moins où je veux. Denis monte un grand cheval très paisible et Véro est sur une vieille canne bien gentille qui reste dernière Denis. Le mien, un cheval blanc, est assez agité et s’amuse à galoper de temps en temps. Pas la moindre idée comment l’arrêter et lui faire comprendre qu’il doit se limiter à marcher. On s’amuse beaucoup et profitons des belles échappées vers le Cotopaxi et les autres montagnes. Le guide n’est pas très loquace. De toute façon, on ne comprend pas grand-chose.

 

De retour à l’hôtel, nous lui donnons 10.00$ pour le service et repartons pour notre hacienda au combien plus typique et plus charmante que cette demeure coloniale dédicacée à l’exploitation touristique de masse. En chemin, nous contemplons un superbe coucher de soleil sur le sommet enneigé du Cotopaxi. Les couleurs pourpres sur la neige blanche donnent une image splendide.

 

 

Arrivé à la PanAm et n’ayant pas la possibilité d’acheter à boire et à manger à Cuello de Luna, nous allons à l’épicerie du coin pour acheter de l’eau, du coca et des biscuits. Nous aurons toutes les peines à trouver un bus pour nous ramener jusqu’à l’entrée du parc. Les bus s’arrêtent et, dès qu’on prononce la destination, ils repartent instantanément comme si l’endroit était l’enfer. Finalement, on paiera 1.00$ pour faire 5 minutes de bus. Une arnaque absolue.

 

Il fait sombre et le chemin vers l’hacienda n’est pas très rassurant. Et si on croisait des brigands… Les aboiements des chiens de l’hôtel nous indiquent que l’on se rapproche. Dès que l’on a passé la barrière de la propriété, nous sommes accueillis par le St. Bernard et sa descendance. Trois adorables chiots essaient de le suivre et viennent se jeter dans mes pieds. Je craque et malgré la présence du père qui pourrait ne pas apprécier le geste, je ne peux m’empêcher de les prendre dans les bras.

 

 

 

Il fait très froid dans les chambres. Allumer un feu dans la cheminée est indispensable si nous ne voulons pas mourir de froid en sortant de la douche. L’ambiance est fabuleusement cosy. On adore. Après une bonne douche chaude, je remets du bois dans la cheminée pour avoir une chambre bien chaude pour passer la nuit.

 

 

Il est l’heure d’aller dîner. Dehors, il fait glacial. Bien couverts, nous nous réunissons au bar où un feu a été préparé rien que pour nous. L’hôtel est vide. Dans le Guestbook, je découvre que ça fait 3 semaines que les derniers touristes sont passés par ici. Dommage pour les autres. Ils ratent un bien bel endroit. Pour quelques dollars, nous prenons un rhum coca au bord du feu et revivons la longue journée commencée à Quito et terminée au milieu de nulle part. Le repas qui nous est servi est un dîner de « grand-mère ». Copieux et simple. Cette cuisine typiquement équatorienne est succulente. De toute évidence, les gens, ou plutôt la famille, qui travaillent ici ont la gérance de l’hacienda et s’occupent de tout y compris de la cuisine. On pense d’ailleurs que nous mangeons le même repas que celui préparé pour les membres de la famille.

 

 

Repus, nous retournons dans les chambres pour discuter un peu. Il fait tellement noir et l’atmosphère étant parfaitement dégagée que nous parvenons à observer la voie lactée et découvrons un ciel rempli de beaucoup plus d’étoiles que ce qui est visible en Europe. C’est incroyable ce qu'il y en a !

 

Malgré le feu qui brûle toujours dans les chambres, la température intérieure atteint à peine 17°c. Les couvertures en poils de lama nous seront bien utiles pour la nuit

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Récit par Benoit Gosselet - Décembre 2003 - Email: bgosselet@swing.be

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