




| :: Jour 3 (le 15 septembre 2003) - Le cratère de Pululahua / Mitad del Mundo |
L’Equateur est un pays vert où de nombreuses excursions et randonnées à la journée sont possibles. Aujourd’hui, nous choisissons d’aller jusqu’au cratère de Pululahua situé à une quarantaine de kilomètres au nord de Quito.
Après un petit déjeuner en terrasse, agrémenté d’un Jugo de Mora, nous rejoignons l’Avenida America pour prendre le bus en direction de Mitad del Mundo.
Maintenant que nous avons compris comment fonctionnent les bus, nous faisons signe au chauffeur, il ralentit et on monte rapidement. Pour profiter au mieux de l’environnement, nous nous installons à l’arrière du bus. Les routes sont mauvaises dans ce pays. Il y a des nids de poules partout. Avec l’expérience, je déconseille les places arrières, et surtout la banquette, à ceux qui sont sensible de l’estomac. On est secoué dans tous les sens. Denis et moi adorons. Véro beaucoup moins.
La route passe par une section d’autoroute à péage d’environ 5 kilomètres de long. A la barrière de péage, un gamin rentre dans le bus, en plus des traditionnels vendeurs des bonbons et chips, et s’installe à nos cotés … pour chanter. Il a 6 ans et hurle comme un ténor : « mi amor !!! ». Histoire de faire encore plus de bruit, il frotte deux coquillages l’un contre l’autre pour rythmer la chansonnette. On devra le supporter pendant au moins une demi-heure.
Le bus traverse une campagne vallonnée. La route est bordée d’eucalyptus. Dans le bas de la route, quelques rivières dans lesquelles les habitants larguent leurs détritus. C’est assez sale. Les maisons sont à la limite de la ruine ou alors ce sont de somptueuses villas. Quel fossé social.
Le bus arrive à son terminus. Nous sommes au niveau de la ligne de l’équateur, à proximité du monument Mitad del Mundo. Pour éviter les nuages qui arrivent dès midi dans le cratère, nous ne nous attardons pas ici et prenons un taxi pour nous conduire.
Dix minutes de route pour environ 5$ et nous voilà au parking surplombant le cratère de la réserve géo-botanique de Pululahua. Quelques locaux vendent leur brols à touristes. Un monsieur assez âgé nous adresse la parole en français et nous explique qu’il est reconnu par l’Alliance Française à Quito pour expliquer gratuitement aux touristes l’histoire et l’environnement naturel du cratère. Nous écoutons sagement son discours appuyé par des planches didactiques. Intéressant. Comme convenu il ne nous demande pas d’argent mais seulement d’écrire un mot dans son livre d’or. Nous laisserons 1$ entre les pages.

La vue sur le cratère est magnifique. Nous sommes 400m au dessus du fond et pouvons facilement imaginer l’explosion gigantesque qui a éventré la montagne il y a des millénaires. Quelques personnes vivent au fond dans un tout petit village. Nous décidons de descendre par un chemin de mule et puis de contourner le reste de la cheminée volcanique trônant au centre du panorama.
| L’entrée est évidemment payante et pas bon marché. 5$ par personne. Impossible à négocier. La descente est très raide et poussiéreuse. Le risque de glissade est permanent. Nous mettons environ 30 minutes pour arriver en bas. Nous nous faisons souvent dépasser par des villageois qui descendent en courant. Dans l’autre sens, ça à l’air plus difficile. Même les mules semblent souffrir. Il faut dire que les équatoriens n’ont aucun respect pour ces animaux. Ils les chargent… comme des mulets et leur font gravir des pentes ultra raides. Je me souviendrai toujours des naseaux grands ouverts des mules exténuées par l’effort et le manque d’oxygène à cette altitude. |
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Nous passons dans le micro village de Pululahua où il n’y
a qu’une route d'accès depuis l’autre coté du cratère. Les gens
ont l’air sympa mais ne nous sourient pas. Les enfants vont à l’école,
même ici, vêtus d’un uniforme bleu hyper propre. L’activité est
réduite dans le village. Quelques champs, des potagers et c’est tout.
Les ruines d’un monastère rappellent que les espagnols sont passés par
là. En face, la maison du parc. C’est fermé et aucune information n’est
disponible.
L’heure avance et le cratère commence à être recouvert de nuages. Comme prévu.
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Notre balade se prolonge le long d’une rivière et de prés où paissent des vaches. Arrivé de l’autre coté de la colline centrale, nous sommes bloqués par une paroi de couleur jaune soufre recouverte de buissons. Malgré deux tentatives d’escalade nous ne trouvons pas le point de passage pour rejoindre le village. Il est 14h30, le soleil se couche dans trois heures de demie. Hors de question de tenter un chemin inconnu qui pourrait être infranchissable. Nous serons obligés de faire demi-tour pour éviter de se faire piéger par la nuit. Le temps commence à devenir pluvieux et frais.


Sur le chemin du retour, nous croissons une 4x4 chargée de bacs de bière, de coca et de touristes qui en ont marre de marcher. Véro refusera de monter. De retour au village, un panneau sur une maison indique « Vendese Coca/Cerveza ». Une dame lave son linge sur le coté de la maison. De toute évidence, ce n’est pas un bar mais un habitant qui fait un petit business de boissons pour les touristes. Nous achetons 3 grands cocas bien désaltérants avant d’attaquer la remontée.

Comme on pouvait s’y attendre, la montée est longue et fatigante à cette altitude (3500m). Il faudra une bonne heure pour arriver en haut. Tous les vendeurs de brol sont partis. Pas de taxi qui attend et un brouillard dense. Malgré la distance, nous entendons distinctement les voix et les bruits du village. Pas d’autre choix que de descendre à pied jusqu’à la route pour reprendre un bus. Un peu plus loin, sur le bord de la route, un couple est en train de baiser dans une voiture. Ils pensaient ne voir personne… Pas de chance.

Toujours plus loin, une sorte de musée apparaît à travers le brouillard.
Une musique andine se fait entendre. Au fur et à mesure que l’on descend, le brouillard disparaît pour laisser apparaître une montagne avec des cheveux blancs. Après 30 minutes, nous arrivons à un terminal de bus. Il y a un café où nous boirons et mangerons un morceau avant d’aller visiter le Mitad del Mundo.
Cinq minute de bus pour rejoindre le monument de l’équateur qui n’a rien de fabuleux en soi si ce n’est qu’il est à peu prêt sur la ligne de séparation de hémisphère. L’entrée est de quelques dollars. En cette fin d’après-midi, il n’y a personne. Presque toutes les boutiques sont fermées et le parking est absolument vide.
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Nous nous amusons à prendre des photos de part et d’autre de la ligne rouge tracée à même le sol et censée représenter la ligne d’équateur. Une fois au nord. Une fois au sud. C’est sympa. Dans une des boutiques, j’achète un certificat attestant que nous sommes passé par là. Au GPS, on essaye de trouver la position exacte de la ligne de l'équateur. Après avoir trouvé les bons repères géodésiques, nous localisons le 0°00 à une cinquantaine de mètres au sud de la ligne rouge tracée au sol. |
Retour à Quito avec le bus. A notre arrivée en ville, il fait noir et le quartier dans lequel on se trouve n’est pas très rassurant. On prendra encore un taxi pour une poignée de dollars.
Au soir nous irons manger du steak argentin au Texas Ranch. On s’est installé près du feu de bois pour se réchauffer de la fraîcheur nocturne. Tout le monde est couvert de pulls, polars, anoraks et bonnets à flapettes. Il fait froid pendant la nuit.
Récit par Benoit Gosselet - Décembre 2003 - Email: bgosselet@swing.be
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