Jour 1
Le vol et l'arrivée
Jour 2
Le Quito Colonial
Village de Caldéron
Jour 3
Cratère du Pululahua
Midad del Mundo
Jour 4
Travel Agency Shopping
Jour 5
Tandayapa
La Cloud Forest à vélo
Jour 6
Marché d'Otavalo
Jour 7
Bus pour le Cotopaxi
Cheval près du volcan
 
Jour 8
Vélo sur le Cotopaxi
Jour 9
La cratère de Quilotoa
Jour 10
Bus jusqu'à Riabamba
Village de Guano
Jour 11
Balade dans la ville de Riobamba
Jour 12
Bus jusqu'à Banos
Eruption du Tungurahua
Jour 13
Balade sur les hauteurs de Banos
Jour 14
Rio Verde, Pailon del Diablo et Tarabita
 
Jour 15
Route de Puyo en VTT
Jour 16
Salasaca
et Montée au volcan (parc Sangay)
Jour 17
Bus jusqu'à Puyo puis Tena, Misahualli
Jour 18
Selva Viva
Foret amazonienne
Jour 19
Selva Viva
Foret Amazonienne
Jour 20
Tena - Quito en bus
Jour 21
Dernier achat et retour à Madrid

 


 

:: Jour 2 (le 14 septembre 2003): Quito Colonial & Calderon

 

Malgré l'heure matinale (7:00) et le froid de la nuit (8°c), il fait déjà très bon au soleil. Le petit déjeuner nous attend en terrasse. Le personnel de l'hôtel, parlant aussi mal l'anglais que nous l'espagnol, ont éprouve beaucoup de difficultés à se faire expliquer l'organisation et les choix du petit déjeuner. Finalement, nous optons pour le continental avec un jus de fruit. Des croissants, des toasts, d'appétissantes confitures et une boisson de couleur orange nous sont proposés. Le goût est délicieux et fait penser à la mangue mais sans sucre. C'est un jus de Tomato de Arbol. Un fruit typique de la région.

 

Avant de partir, nous laissons nos passeports, billets d'avion et argent au coffre-fort de l'hôtel. J'avais pris soin de photocopier les documents importants. En cas de contrôle, les policiers ont l'habitude de voir des copies des passeports des étrangers. Au moins comme ça, on ne nous les volera pas et on pourra se balader à l'aise en ne faisant attention qu'au matériel photo et vidéo.

 

Pour éviter les cars de touristes, nous décidons de partir au plus tôt pour la colline surplombant le Quito colonial: la Virgen du Panecillo. Pour y accéder, pas d'autre moyen que le taxi. Le trajet nous fera passer dans des quartiers très pauvres et dangereux. Ne souhaitant pas être agressé dès le 1er jour, on demande au taximan de nous conduire et d'attendre là pour ensuite nous amener au centre ville. Parlant mal l'espagnol, on ne négocie pas le prix et on paie 10$ pour trois. Ca nous semble raisonnable.

 

La ville est déserte à cette heure. Les équatoriens ne doivent pas être très matinaux. Tout est fermé. Le taxi nous fait passer dans des quartiers abominables et très pauvres. Les rues y sont jonchées de crasses et les enfants fouillant les poubelles ont l'air bien malheureux. Après environ 20 minutes en voiture, nous arrivons au sommet de la colline où un garde armé d'un fusil à canon scié nous arrête et demande 1$ pour passer. C'est une milice privée censée protéger les touristes dans cette zone malfamée. Le taxi continue sa route pendant une centaine de mètres et s'arrête au pied de la statue de la vierge. Il fait très calme. Le seul bruit qui vient perturber cette quiétude et celui d'une petite messe qui est célébrée ce dimanche sur l'esplanade. Il y a beaucoup de religieuses parmi l'assemblée. Les échoppes à touristes sont en train de monter leurs tentes et de remplir leurs étals d'objets aussi divers que laids. On reverra ces objets à tous les stops hyper-touristiques du pays.

 

    

 

Dans la rue, une maman joue avec ses 3 enfants habillés avec des vêtements très colorés et un chapeau. L'image classique de andains. La vue sur la ville est sublime. Il est 8:00 du matin et les nuages ne recouvrent pas encore les sommets montagneux. On voit bien les montagnes qui encerclent Quito. L'architecture de la capitale équatorienne est espagnole et le tracé des rues en damier. On voit la place San Francisco, la place de l'Indépendance, la cathédrale et au loin les tours du Quito moderne.

 

 

 

Devant et derrière nous se trouvent deux volcans particulièrement menaçants pour Quito: le Guagua Pichincha et le Cotopaxi, situé une centaine de kilomètres au sud. Leurs éruptions pourraient anéantir complètement la ville soit à cause des cendres volcaniques soit à cause d'une coulée de boue provoquée par la fonte brutale des neiges et glaces du Cotopaxi

 

 

Le taxi qui nous attend toujours, nous conduit vers la place San Francisco dans le Quito colonial qui est patrimoine mondial de l'UNESCO. La circulation ce dimanche matin n'est pas très importante. Je fais la réflexion à Denis que la ville n'a pas l'air très polluée par les gaz d'échappement. Il n'est pas d'accord et me conseille d'attendre le lendemain pour m'intoxiquer avec les fumées noires et puantes rejetées par les bus.

 

La place San Francisco est magnifique. Le dallage en pierres volcaniques noires contraste merveilleusement avec les couleurs ocres des bâtiments et la blancheur immaculée de l'église San Francisco. Peu de monde circule à cette heure. Des enfants viennent mendier pour nous cirer les chaussures. Nous sommes de mauvais clients avec des baskets et godasses de randonnées aux pieds. Ils ont du cirage partout. Leurs mains sont noires et leurs vêtements crasseux. Les équatoriens ont l'air très catholiques et pratiquants. L'église est remplie. Nous n'aurons pas l'occasion de la visiter durant l'office. Ca ne me dérange pas trop. Je n'aime pas les églises.

 

   

Les deux guides de voyage (Routard et Lonely) mettent en garde les touristes contre le risque élevé de vol à la tire sur cette place. Nous faisons très attention, mais ne nous sentons pas dans une situation risquée. De nombreux policiers à pied et à cheval sont postés aux l'alentours.

 

La balade dans la vieille ville se prolonge en passant dans des rues piétonnes. Les vues sur la montagne sont incroyables. Les rues montent très fort et des maisons de toutes les couleurs sont accrochées au flanc du volcan. Le monde commence à arriver dans les rues. Les commerces ont les portes grandes ouvertes. La musique va à fond. Nous plongeons dans l'ambiance de l'Amérique du Sud. Les rues plus commerçantes sont bondées. Des vendeurs de rue proposent de l'artisanat pour quelques dollars. Nous n'achetons pas mais attendons d'aller dans les villages pour acquérir de l'authentique et de la qualité. Des gens vendent des billets de loterie. D'autres des chaussures, des pulls, des bonnets, etc. La plupart des bâtiments ont été construits il y a quelques siècles. Il y a de nombreuses maisons de maître dans ce quartier. La colonisation espagnole a laissé une superbe architecture.

 

 

 

 

Nous arrivons à la place de l'Indépendance, toute blanche, avec des arbres, des palmiers et des fleurs. Les gens sont assis sur des bancs face aux fontaines et au palais du gouvernement. La police nationale et touristique est très présente. Un spectacle musical est en train de se mettre en place. Nous attendons le début en espérant assister à quelque chose de spécial. Après quelques minutes d'attente, ils commencent à jouer de la musique des Andes comme on peut l'imaginer. L'ambiance bien agréable est troublée par un ivrogne puant qui vient hurler "Viva Ecuador... viva Ecuador..." devant Véro. Elle est impressionnée par ce gogo et je m'interpose entre eux deux. Juste au cas où, j'ai déjà le doigt sur ma bombe lacrymogène. Je remarque deux policiers qui s'apprêtent à interpeller notre homme. Ils l'empoignent par derrière. Lui arrachent sa bouteille d'alcool et le jettent loin de nous. Denis me dira plus tard qu'il y avait aussi deux flics derrière moi (glups). On va s'installer sur un banc pour profiter de l'atmosphère et des jardins.

 

 

Je ne peux pas m'empêcher de prendre beaucoup de photos et Véro filme à tort et à travers. Le ciel bleu, les façades multicolores et les équatoriens avec leurs chapeaux font de belles images. Denis veut s'acheter un chapeau... comme eux.

 

Voulant voir toute la vieille ville, je propose d'aller jusqu'à la place Santo Domingo malgré le conseil du Lonely Planet qui avertit du danger de vol à cet endroit. Avec l'expérience du premier 'mauvais' conseil relatif à la place San Francisco, je me dis qu'ils sont paranos au Lonely. Je pousse un peu Véro et Denis à me suivre. Peut-être une superbe photo à prendre. L'avenue qui nous y mène est un peu glauque. Le trolley bus passe à pleine vitesse. Quelques prostituées font le tapin. Rien de bien inquiétant jusqu'à ce que nous croisions deux bonnes soeurs qui nous arrêtent et nous font comprendre, en montrant du doigt la caméra de Véro, qu'il y a un risque de vol. En espagnol, elles nous disent que dans le Quito colonial, il ne faut pas aller là où ce n'est pas vraiment indispensable. Nous faisons demi-tour et je me fais critiquer par Véro qui me trouve trop téméraire.

 

Rebroussant chemin, nous nous arrêtons pour téléphoner aux parents. Il est 11:00 à Quito. Soit 18:00 en Belgique. C'est un bon moment. Les cabines de la compagnie de téléphone Andinatel sont présentes un peu partout. Pour éviter le bruit de la rue nous allons dans un Call-Center ultra moderne. La qualité de la ligne est bonne mais la communication coûte très cher (environ US$1.5 la minute). C'est la seule et unique fois que nous téléphonerons. Il y a des cybercafés à tous les coins de rues et il est plus gai d'écrire nos aventures que de téléphoner pour demander s'il fait beau.

 

Nous décidons de ne pas reprendre de taxi pour rentrer à l'hôtel. Sur le chemin du retour, nous traversons une zone infâme située entre le Quito colonial et moderne. Au passage, on achète une pâtisserie locale. Un petit pain fourré avec du fromage. Sec et pas bon. Les pigeons se sont régalés. Entre les deux parties de la ville se trouve le Parque El Ejido où se tient un marché d'artisanat (bien d'après le Routard). Toutes les échoppes vendent les mêmes trucs. On a l'impression que c'est de l'attrape-touristes. On regarde distraitement. Face au parc, se tient un Burger King. Je promets à Denis de lui faire découvrir le double Wooper et le King Supreme. Nous n'y irons jamais.

 

De retour à l'hôtel, nous faisons connaissance avec la propriétaire des lieux. Catherine Cantie est française. Elle vient de Nice et est installée en Equateur depuis 10 ans. Nous donnons quelques nouvelles de l'Europe et parlons beaucoup de Quito. Fernando Garces, son mari équatorien, avocat à Quito, se joint à nous et nous donne énormément de conseils: visites à faire, choses à éviter, etc. De toute évidence, il aime son pays. Il nous recommande un petit restaurant à deux pas où nous pourrons déjeuner. Finalement, on ira à un restaurant mexicain où nous serons les seuls clients ce midi.

 

L'après-midi s'installe et nous en profitons pour téléphoner à Anna, la tante de l'épouse équatorienne (Paola) d'un collègue de Véro. J'avais déjà pris contact avec elle pour organiser des journées à vélo. Anna et son mari Jan, un hollandais installé à Quito depuis 15 ans, sont les propriétaires de Biking Dutch Man. Par Email, j'avais expliqué à Anna et Jan notre amitié avec Paola. Durant nos échanges de courrier, ils nous avaient proposé de se rencontrer lors de notre voyage en Équateur. Ils nous invitent à venir passer la soirée chez eux. Nous acceptons avec plaisir. Le rendez-vous est fixé à 19:00, chez eux, sur les hauteurs de la ville.

 

En attendant la soirée, nous décidons d'aller à Calderón, un petit village à 10 km au nord de Quito. Ce village est célèbre pour les figurines de Noël en masapan. Pour y aller, nous prenons le bus à l'Avenida America. Un quart d'heure à pied depuis l'hôtel. Sur l'avenue, des bus de toutes les couleurs. Ils affichent leurs destinations sur le pare-brise. Après quelques minutes, un bus vert, affichant Calderón arrive vers nous. Un gars saute par la porte avant en hurlant Calderón, Calderón. Le bus s'arrête à peine et nous montons sans trop se préoccuper du comment et pourquoi. La musique latino va à fond. Quelle ambiance! Les gens s'entassent dans le bus racolé par le gars debout sur le marche-pied. A force de ralentir tous les 10 mètres, nous mettrons une heure pour rejoindre Calderón. En route, une jolie demoiselle vient s'asseoir à coté de Denis. Sur ses genoux un petit chien. Il ne supporte pas le trajet et vomira entre les jambes de Denis. Régulièrement des vendeurs de bonbons, boissons, glaces ou chips montent à bord pour vendre leur marchandise. En échange du transport, ils donnent quelque chose à manger au racoleur et au chauffeur. Le bus est parfaitement inconfortable mais l'ambiance, la musique et la façon folklorique de procéder pour entrer et sortir nous enthousiasment. 

 

Le bus emprunte la Pan Américaine sur quelques kilomètres où il en profite pour rouler à fond à la première descente. On se demande comment il va s'arrêter. La ville de Quito est immense. On ne la quitte pas vraiment pour arriver au village. L'idée que je m'étais faite d'une petite bourgade sympa qui produit de l'artisanat est absolument fausse. On est en banlieue de la métropole. Tout à coup, le bus fait demi-tour sur cette espèce d'autoroute à 2x2 bandes qu'est la Pan Américaine. On est arrivé. Le prix demandé est ridicule, 30 cents par personne. Autant dire rien.

 

Dans le village, le marché se termine. La rue est pleine de détritus et les vendeurs qui replient leurs étals sont assis par terre. Les bouchers et poissonniers exposent leurs marchandises en plein soleil sans la moindre trace de glace pour conserver la fraîcheur des aliments. Les vendeurs sont tous des femmes. Les hommes sont dans les voitures et les camions qui tentent de se faufiler au milieu de la rue où se tient le marché.

 

 

Le village nous déçoit beaucoup. Nous achèterons tout de même quelques figurines en Masapan pour mettre sur le sapin de Noël. A 20 cents pièce, on n'est pas volé. Tous les magasins vendent rigoureusement la même chose et ils refusent de négocier les petits personnages de crèche qui nous tentaient un peu. On restera dans le village moins d'une demi-heure et reprenons le bus pour Quito. 

 

De retour à l'hôtel, nous nous apprêtons pour le rendez-vous avec nos nouveaux amis. Je m'informe auprès du réceptionniste pour qu'il nous explique comment aller jusque là. Tout comme moi, il découvre ce quartier de Quito. Il nous faudra 30 minutes pour trouver la rue sur le plan de la ville.

 

En tenue de sortie, nous allons jusqu'à l'Avenida Seis de Diciembre pour prendre un taxi. A 18:30 il fait déjà noir sur la ville et les rues sont quasi désertes. Le soleil se couche tôt à cette latitude. 

 

Nous roulons dans des beaux quartiers jusqu'à une rue gardée par une milice privée. Le taxi nous y dépose. Après avoir demandé au garde, on comprend que nous ne sommes pas à l'endroit souhaité mais à environ 200m. A pieds ce sera rapide. La maison de Jan et Anna est une belle villa protégée par un garde, un mur d'enceinte et un gros boxer dont j'ai oublié le nom. On sonne. Une dame charmante et souriante vient nous ouvrir. C'est Anna. Elle nous embrasse chaleureusement et nous fait entrer dans sa belle et vaste demeure. Deux enfants sont en train de manger. Jan, le patron hollandais de Biking Dutch Man, crie depuis le premier étage. Il arrive. Il nous salue dans un anglais à l'accent hollandais. Tous les deux sont heureux de nous rencontrer. Par courtoisie, nous avions amené une bouteille de vin, du Cotes-du-Rhone Guigal rouge, et une boite de chocolats belges. Ils sont enchantés de recevoir des choses introuvables en Équateur. A notre plus grande surprise, leur fille de 8 ans nous adresse la parole en anglais alors qu'elle parle espagnol avec sa maman et ... néerlandais avec son père... Incroyable! La soirée sera très sympathique. Ils nous offriront un repas simple: quelques sandwiches, du vin chilien, du maïs cuit dans ses feuilles et un cake aux carottes et cannelle. Vers 22:30, après avoir parlé d'eux, de nous, de vélo et de leur pays, Jan nous ramène à l'hôtel dans sa 4x4 et un rendez-vous est fixé pour organiser des balades à vélo.

 

Après cette première journée longue et passionnante, nous allons nous coucher rapidement sans discuter.

 

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Récit par Benoit Gosselet - Décembre 2003 - Email: bgosselet@swing.be

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