




| :: Jour 19 (le 1 octobre 2003) - Le Rio Napo et le village d'Ahuano |
Récit par Véronique Strépenne

Debout tout le monde! Il est 8h30. Petit déjeuner. A 9h30, Umberto vient nous chercher pour rendre une petite visite au village de Ahuano, un village quechua. Nathalie profite de la pirogue pour se rendre au village voisin car elle a des mails à envoyer. Comme des extra-terrestres, nous débarquons au village avec notre technologie et nos vêtements modernes.
Première étape : la fabrication de la chicha, sorte de mélange de racines Pour cette première visite, nous entrons dans une cabane sur pilotis, qui ne semble plus d'une très grande solidité. D'ailleurs c'est simple, il y a des trous gigantesques dans le plancher. Il faut faire attention où on marche ! Umberto nous indique un banc où nous asseoir. Il fait décidément crapoteux dans cette cahute. Arrive une dame d'un âge indéfinissable avec des chicots à la place des dents. Elle est accompagnée d'un petit garçon habillé de lambeaux. Est-ce son fils ? Son petit-fils ? Mystère. Elle parle quechua avec Umberto, car elle ne parle pas un mot d'espagnol. Umberto nous fait la traduction. Son espagnol est décidément limpide, même pour nous. Cà y est c'est parti, elle commence à piler une racine de …, puis elle mélange dans une immense marmite un liquide blanchâtre qui est semble-t-il le produit fini : la chicha qui constitue la base de l'alimentation quechua. Si on laisse fermenter cette pappe, çà donne paraît-il un alcool. Enfin c'est ce que nous avons compris.

Arrive un événement auquel nous n'avions absolument pas pensé : cette charmante dame nous tend un bol rempli de la fameuse chicha fumante…C'est Véro qui s'y colle d'abord, sous le regard inquiet de Denis et Benoit, qui cherchent désespérément une excuse polie pour refuser. Il est évident que dire " non, merci, mais j'ai trop peur d'attraper la chiasse, vu l'hygiène ambiante ", çà ne passerait pas très bien. Revenons à la chicha : rien qu'à l'odeur, on a compris qu'il ne faut pas boire une grande gorgée. C'est immonde. Pour nous en tous cas. Umberto, il adore, il termine le bol. Pour notre part, on pense s'en être tirés à bon compte, quand la dame aux chicos nous représente un autre bol, rempli cette fois d'un mélange à base de banane. Les enfants adorent paraît-il. Et c'est reparti pour une dégustation. Heureusement, c'est meilleur. Toujours pas bon, mais meilleur.

Une fois cet interlude gastronomique terminé, Umberto nous parle de la chasse traditionnelle à la sarbacane. Actuellement encore, les indiens chassent les singes et les perroquets à l'aide flèches empoisonnées, qu'ils parviennent à propulser à plus de 30m grâce à une sarbacane de 3m de long. Umberto nous propose d'essayer. Il y a un petit singe en bois suspendu dans la cour de la maison. Le jeu consiste à viser ce morceau de bout symbolisant la cible. Pas si simple ! Denis arrivera à planter la flèche en plein milieu.

Après avoir joué un bon quart d'heure, nous continuons notre chemin vers une autre maison, où nous aurons une démo de céramique. Nous longeons le Rio Napo, et nous croisons des enfants très souriants, que Benoit s'empresse d'ailleurs de les prendre en photo. Dans ce petit village, il y a maintenant une école construite par des Suisses, et les écoliers sont là aussi en uniforme. Pour venir à l'école ou rentrer chez eux le soir, ils profitent du passage de l'une ou l'autre pirogue. Il arrive parfois qu'aucune ne passe. Dans ce cas, ils rentrent chez eux à la nage en traversant la rivières infestée de piranhas et de quelques anacondas. C'est une petite leçon pour nos écoliers européens qui se plaignent quand ils doivent marcher cinq mètres.

Un peu plus loin, nous arrivons à la case où une charmante dame, qui parle espagnol cette fois, va nous montrer comment les indiennes fabriquent leurs poteries. J'ai bien dit indiennes, car c'est une activité que les hommes ne pratiquent pas. Une ancienne croyance dit que les hommes deviennent stériles s'ils font de la poterie. Cette dame est visiblement en phase d'allaitement, car elle perd du lait, ce qui la gêne beaucoup. Elle a déjà quatre enfants, et semble de notre âge. Leur céramique est une terre cuite non pas au four mais à l'étouffée dans le sol, puis peinte à l'aide de coloris naturels, obtenus en diluant certaines pierres friables avec de l'eau. Les motifs sont des symboles indiens, peints à l'aide de pinceaux de fortune, fait d'un bout de bois et de cheveux d'enfants. Véro a l'air très intéressée, Benoit non, et Denis est plutôt intéressé par les nichons de la dame. Après la démo, nous passons au magasin, où nous achetons un petit vase et des petits plats.


Entre-temps, Nathalie nous a rejoints et elle parle avec une jeune fille du village en nous attendant.
... La journée n'est pas finie. La suite du récit dans quelques jours... voici déjà les photos pour les plus impatients...

Initiation à la pêche à l'éperviers

Recherche de l'or
Le lus beau coucher de soleil que je n'ai jamais vu. Les photos n'ont pas été retouchées ni truquées:


Récit par Benoit Gosselet - Décembre 2003 - Email: bgosselet@swing.be
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