




| :: Jour 17 (le 29 septembre 2003) - Trajet en Bus de Banos à Tena |
Récit par Véronique Strépenne
8h00 du matin, nous voilà parti pour un long trajet en bus. Nous devons atteindre Puerto Selva avant 16h45, heure à laquelle une pirogue nous attendra pour nous amener au Lodge que nous avons réservé dans la forêt amazonienne, au bord du Rio Napo. Notre voyage se divise en 3 étapes : Banos-Puyo-Tena-Puerto Selva.
Au terminal terrestre de Banos, nous prépayons nos billets pour Puyo à la compagnie Sangay et refusons le combiné jusqu'à Tena proposé par Amazonas. Les rabatteurs crient : " Al Puyo, al Puyo "… " a Tena "… " A Quito, a Quito ". En fait, nous avons déjà pris toutes les compagnies et Sangay est la plus sure et a des bus en bon état. Les autres ont le pare-brise cassé, les pneus usés jusqu'à la moelle, ont des chauffeurs qui roulent comme des malades, ne respectent pas les horaires, s'arrêtent en cours de route, etc. En plus, on nous a dit que Sangay est la meilleure compagnie pour aller dans l'Oriente.
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La Première partie du trajet de fait sous la pluie, dans un bus très confortable. La route, ou plutôt la piste, jusqu'à Puyo est très impressionnante. Elle longe le Rio Pastaza qui coule au fond d'un très profond ravin. Régulièrement le bus passe à 5 cm du bord qui surplombe la rivière 400m au-dessus. Le chauffeur fait très attention sur cette piste défoncée où croiser les autres bus et camions est un véritable exploit tellement c'est étroit. Véro s'est installé coté montagne pour ne pas frémir à la vue du vide. A partir de Rio Negre, la route est à nouveau asphaltée et le chauffeur roule plus vite tout en restant raisonnable. | ![]() |
La sécurité est un des critères faisant une bonne compagnie. Sur une route pareille, mieux vaut bien choisir son bus si on ne veut pas faire partie d'un des nombreux accidents journaliers.
La route est détrempée par la pluie et au moment de dépasser un bus de Amazonas, celui-ci fait un brusque écart surprenant notre chauffeur. Il freine si fort que le bus part en glissade et se met en travers. Le chauffeur furieux parvient à reprendre le bus et le redresser. Un peu plus loin nous passons le barrage militaire de Shell-Mera. Contrairement à nos attentes, nous ne devons pas descendre du bus pour présenter notre passeport. La suite du trajet sera sans problème jusqu'à l'arrivée à Puyo, toujours sous une pluie battante. Le terminal est une sorte de hangar en béton ou les rabatteurs des compagnies hurlent la destination de leur bus. Après inspection des différents bus, Benoit choisis d'acheter les billets pour Tena chez Flotta Pelileo. Toutes les autres grandes compagnies partent plus tard dans l'après-midi et nous ne pouvons pas nous permettre de rater la pirogue.
Nous avons tous les trois un léger creux. Mais évidemment, il n'y a rien à manger si ce n'est les éternels biscuits salés vendus par les marchands dans les terminaux. Benoit en achète trois paquets. Après dix minutes Véro a fini le sien et pour cause, mieux vaut avoir l'estomac calé pour affronter la piste qui nous attend vers Tena, de plus elle vient d'apercevoir le bus que nous allons prendre. Aie, il y a tellement de jolies floches bleues sur le pare-brise que l'on se demande comment le chauffeur voit la route. Le bus Amazonas qui a failli nous tuer arrive enfin. Le chauffeur de chez Sangay, furieux de la manoeuvre qui aurait pu être dramatique, engueule celui de chez Amazonas. On disais qu'il fallait faire attention à la sécurité et réputation des compagnies. C'est altercation est la preuve que Sangay n'est pas comme les autres.
A 11 :30, nous voilà reparti pour Tena. Environ 120km de piste.
Les 3 heures 30 de trajet vers Tena sont très agréables. La température augmente de plus en plus, le soleil se fait de plus en plus présent et commence à taper. La piste serpente dans la forêt équatorienne. Sur notre droite, nous avons la plaine amazonienne à perte de vue et à notre gauche, nous voyons les Andes et les sommets enneigés des plus hauts volcans. La piste est totalement défoncée et nous sommes secoués dans tous les sens. Denis et Benoit, installé sur la banquette arrière, s'amusent beaucoup. Ils rebondissent au moindre trou, et il y en a beaucoup. A chaque arrêt, un nuage de poussière rentre dans le bus et nous nous servons des rideaux bleus pour se protéger. Les autres passagers, des indiens, sont petits. A coté d'eux, nous paraissons être des géants. Vers 15h00, c'est la sortie des écoles. Malgré que nous soyons en foret, les enfants vont à l'école en uniforme et s'agglutinent dans le bus pour être ramené chez eux. Le bus n'avance pas et nous craignons d'arriver en retard a Tena et de rater notre correspondance. La piste redevient une route asphaltée à partir du pont qui enjambe le Rio Napo. La pente est raide et le bus éprouve des difficultés pour monter vers Tena.
Nous voici à Tena. Nous avons 5 minutes de retard pour attraper l'autre bus. On empoigne les sac et on cherche le bus pour Puerto Selva. Les gens sont charmants. Ils nous aident spontanément et nous indiquent que le bus ne part pas du d'ici mais de l'autre coté du hangar en tôle et béton qui sert de terminal terrestre. Effectivement nous apercevons le bus à l'arrêt et courons pour l'attraper. Le bus de la compagnie Jumandi est bondé. Pas grave, la fille sur le marche pieds empoigne nos sacs, les jettent sur le toit, et nous pousse pour monter. Pas de places assises à l'intérieur. On reste debout dans l'allée centrale. Pour une fois, Véro est enchantée de sa petite taille. Le bus est très bas de plafond. Benoit et Denis sont pliés en deux. Pas très confortable pour 2 heures de trajet. Sans compter que nous sommes secoués comme des pruniers et que la chaleur est étouffante. Certains passagers assis près des fenêtres ne sont apparemment pas du même avis. Ils ferment les fenêtres pour éviter que la poussière ne rentre. Nous sommes sur une piste taillée en pleine forêt équatoriale par le magnats du pétrole pour faciliter la construction d'un oléoduc. Le trajet commence à nous paraître interminable. Benoit et Denis sont toujours aussi courbés. Ils ont mal à la nuque et l'eau nous coule dans le dos. Comme si les nuages nous avaient entendus, ils se mettent à déverser une quantité d'énormes d'eau sur la foret. Ca rafraîchit un peu, d'accord, mais on commence à penser à la sortie et à l'étanchéité des sacs qui sont sur le toit. La fille sur le marche pieds et le chauffeur, qui aident les passagers à reprendre leurs sacs stockés sur le toit, sont trempés comme des soupes. Surpris par une bonne idée, ils déploient une bâche sur le toit du bus pour protéger les sacs, qui sont déjà inondés. La bâche ne tient pas et ils devront sortir régulièrement pour la rattacher. Nous n'avons jamais vu des gens aussi mouillés. Le chauffeur dégouline de partout et est à présent torse nu et en maillot.
Miracle, deux places se libèrent à côté de nous. Benoit et Véro s'asseyent et Denis à droit à l'accoudoir à coté de Véro. C'est beaucoup plus agréable mais ça devient vraiment très long. Il y a 8 heures que nous avons quitté Baños.
Le bus s'arrête enfin à l'entrée du domaine de Liana Lodge. On descend sous la flotte et dans la boue. Vite les capes anti-pluie. Nous récupérons nos sacs très alourdit par la pluie. Un panneau nous indique la direction de l'embarcadère des pirogues pour le lodge. Le chemin de 100m tout au plus est boueux et très glissants. Nous sommes chargés comme des mulets, détrempés et fatigué par le long trajet. On est presque de mauvaise humeur. Un groupe de Suisses nous accompagne. Voilà le Rio Napo. Comme prévu et malgré la demi-heure de retard, des piroguiers nous attendent et nous aident à monter dans la pirogue sous une bâche en plastique vert. Benoit est devant, Denis et Véro derrière. Avec la chaleur et l'humidité, il fait torride sous la bâche. Benoit et Denis ne voient plus rien à cause de la buée sur leurs lunettes. Benoit tient la bâche entrouverte malgré la pluie battante pour que l'on puisse profiter du paysage qui a l'air sublime. On accoste vingt minutes plus tard après avoir franchit des petits rapides. Une jeune fille, Nathalie, nous accueille en français avec un parapluie et nous emmène à la réception dans le bâtiment principal qui est également le restaurant, en plein air évidemment ! Elle nous donne le choix entre un verre de bienvenue ou une bonne douche et puis le verre de bienvenue. On choisi évidemment le 2e choix.
Elle nous emmène dans nos chambres qui sont une et même casse en bois séparée en deux, en plein milieu de la végétation luxuriante. Cette vue nous remet d'aplomb et la découverte de l'intérieur confirme: ça va être génial. On a vraiment l'impression d'être immergé en plein foret. Les parois des chambres sont faites de bois dans leur moitié inférieure et de moustiquaire dans la parie supérieure. Le toit est constitué d'une épaisse couche de feuille de palmier tressé pour le rendre étanche dans cette région où les pluies sont très fortes et fréquentes. Il y a une grande terrasse commune aux deux chambres avec deux gigantesques hamacs. La salle de bain est nickel, hyper moderne pour l'endroit. Le lodge est totalement isolé. Il n'y a pas d'électricité et on s'éclaire aux bougies. C'est très cosy. Tout le monde prend une bonne douche et on fait sécher nos vêtements et le contenu de nos sacs mais si on se doute que ce sera difficile voire impossible à cause d'un taux d'humidité proche de 100%.
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Une fois propre et sec, les aléas de la journée sont vite oubliés. Ici c'est le bonheur. Nous rejoignons Nathalie au restaurant bar pour prendre le verre de bienvenue. Il est 18h30, il fait déjà noir et la pluie a cessé. Chaque table est éclairée à la bougie ce qui donne un aspect très chaleureux et convivial à l'endroit. On nous amène un thé typique arrosé d'aguardiante ainsi qu'un plat de pop-corn sur lequel Denis se rue. Nathalie commence par nous expliquer la philosophie de l'endroit. Il y a quelques années, un couple de Suisse débarque en Equateur dans le but de créer un refuge pour animaux blessés ou abandonnés par les braconniers : Amazoonico. Quelques années plus tard, ils décident de créer un hôtel pour subsidier le refuge mais pas n'importe quel hôtel. C'est un lodge crée en pleine nature, employant des indiens et respectant l'environnement. Un hôtel bio quoi ! C'est le Liana Lodge.
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Près du feu de bois, nous discutons du programme des deux jours suivants :
promenade en forêt avec guide et visite du refuge, initiation à la pêche et recherche de l'or, visite du village d'Ahuano. C'est le même programme qui est proposé à tous les touristes. On verra bien.
Nous passons a table. Le mobilier est fait de tronc de gommier. Le repas qui nous est servi est délicieux. Tous les aliments proviennent des villages environnants et sont préparés selon des recettes indiennes. Après le dîner, nous avons acheté des cocas au bar et sommes restés à la casse pour les boire sur la terrasse agrémentés de rhum que Benoit avait acheté à Baños avant de partir. La journée fut longue, nous sommes très fatigués. Denis s'endormira dans son hamac, bercé par les gouttes qui tombent sur les feuilles et les grenouilles qui chantent. Avant d'aller dormir, Véro prend cependant le temps de vérifier dans tous les recoins de la chambre qu'aucun animal indésirable du style rampant ou à huit pattes ne s'est glissé. On ne sait jamais… |
Récit par Benoit Gosselet - Décembre 2003 - Email: bgosselet@swing.be
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