Jour 1
Le vol et l'arrivée
Jour 2
Le Quito Colonial
Village de Caldéron
Jour 3
Cratère du Pululahua
Midad del Mundo
Jour 4
Travel Agency Shopping
Jour 5
Tandayapa
La Cloud Forest à vélo
Jour 6
Marché d'Otavalo
Jour 7
Bus pour le Cotopaxi
Cheval près du volcan
 
Jour 8
Vélo sur le Cotopaxi
Jour 9
La cratère de Quilotoa
Jour 10
Bus jusqu'à Riabamba
Village de Guano
Jour 11
Balade dans la ville de Riobamba
Jour 12
Bus jusqu'à Banos
Eruption du Tungurahua
Jour 13
Balade sur les hauteurs de Banos
Jour 14
Rio Verde, Pailon del Diablo et Tarabita
 
Jour 15
Route de Puyo en VTT
Jour 16
Salasaca et Montée au volcan (parc Sangay)
Jour 17
Bus jusqu'à Puyo puis Tena, Misahualli
Jour 18
Selva Viva
Foret amazonienne
Jour 19
Selva Viva
Foret Amazonienne
Jour 20
Tena - Quito en bus
Jour 21
Dernier achat et retour à Madrid

 


 

:: Jour 16 (le 28 septembre 2003) - Le marché de Salasaca, la croix de Banos et la montée au volcan

 

Le temps passe trop vite et malgré un arrêt de cinq jours à Banos, il y a encore trop de choses à faire. Pour le dernier jour, nous décidons d'aller au marché de Salasaca au matin et puis de monter au mirador de Banos après-midi.

 

Le village de Salasaca, situé entre Ambato et Banos est célèbre pour les tapis tissés par les Indiens. Pour y aller, nous prenons n'importe quel bus en direction de Quito ou Ambato. Après 30 minutes, nous arrivons à Salasaca. Le village est construit le long de la route au niveau du col. Ici, l'altitude est élevée, le vent souffle et les habitants sont couverts de la tête aux pieds. Ils portent des jolis costumes traditionnels. Les hommes ont un chapeau blanc en laine, un poncho noir, chemise et pantalon blanc. Les femmes sont habillées comme dans d'autres villages d'altitude style Otavalo à ceci près, elles portent toutes un chapeau vert foncé. On a de la chance, un mariage est célébré à l'église et tout le village est là. C'est l'occasion de prendre quelques photos au téléobjectif. Comme dans le coin de Quilotoa et Otavalo, les habitants ne sont pas sympas. Pas le moindre sourire. Ils sont totalement indifférents à notre présence.

 

Le marché aux tapis se tient sur l'unique place du village. Toutes les échoppes vendent les mêmes tapis que ceux d'Otavalo. Les magasins de la place n'ont pas plus de choix. Mais où sont donc les fameux tapis ? Après avoir fait plusieurs fois le tour, nous concluons que les tapis que l'on trouve sur le marché sont produits industriellement et qu'on peut les acheter n'importe où. Denis profite de la dernière escale dans un village andin pour s'acheter un poncho bleu. Avec ça et son chapeau acheté à Quito, il commence à passer de plus en plus inaperçu parmi les habitants de la cordillère. Dommage pour lui, demain on part pour l'Amazonie où il faut plutôt porter un pagne.

 

Sur la même place, il y a quelques étals qui vendent de la viande. Évidemment, pas le moindre glaçon pour garder la nourriture fraîche. Les carcasses de porc sont entières. La viande, les têtes de cochons et autres abats sont présentés sur une planche un bois. Les habitants demandent au boucher (une femme) de découper la pièce de viande qui les intéresse. Les chiens sont aussi là pour récupérer les morceaux jetés par-terre. On n'ose pas imaginer l'état de nos intestins si on venait à manger comme eux.

 

Après cette petite excursion sans trop d'intérêt, nous reprenons le bus pour Banos. A mi-chemin, le bus arrive à son terminal et fait descendre tout le monde. On est à Tambo. Le village le plus célèbre du monde pour la fabrication de Jean's de contrefaçon. Partout il y a des magasins qui ne vendent que ça. Sur les trottoirs, sur les murs, dans les vitrines, il n'y a que ça : des pantalons bleus. C'est incroyable !

 

Etant obligé d'attendre un autre bus, nous en profitons pour faire un détour et aller à Patate dans l'espoir d'y acheter du rhum de contrebande, de l'aguardiente. Le Lonely Planet décrit que l'on peut en trouver partout mais que la meilleure est fabriquée à Patate. Un gros quart d'heure de bus par une route qui descend jusqu'au Rio Pastaza et nous y sommes. Le village est tranquille. Quelques magasins et un hôtel dont le patron profite de notre passage pour nous sauter dessus dans l'espoir que l'on logera chez lui. Pas de chance, on ne fait que passer. On déambule au hasard des rues en espérant trouver un magasin d'alcool. Après une demi-heure, on finit par demander à quelqu'un où trouver l'aguardiente. A voir sa tête, on a posé une question idiote. Il nous envoie dans une épicerie qui ne pourra pas nous aider. Bref, on abandonne.

 

En remontant la rue, on recroise le gars de l'hôtel qui insiste pour qu'on loge chez lui. En face, une femme fait cuire des sortes de crêpes sur un barbecue. Ca sent bon et ça ouvre l'appétit. On en achète quelques-unes unes pour goûter. Délicieux ! Finalement, on se retrouvera attablé dans le bar archi cras en train de dévorer plusieurs dizaines de crêpes. Pour quelques dollars, le repas de midi est pris. 

 

Voulant absolument aller au mirador de la croix, nous ne nous attardons pas à Patate et sautons dans un bus direct pour Banos. 

 

Le chemin qui mène au mirador est assez pentu. Les enfants vivant au village surplombant Banos ont l'habitude de ce chemin muletier et galopent comme s'il n'y avait rien à monter. Dès les premiers mètres, on domine la ville. En contre-bas, on voit les piscines des bains, le plan en damier de la ville et les jardins arborés des riches maisons. Plus on monte, moins les bruits de la ville se font entendre à l'exception des aboiements et des cris qui résonnent dans le cirque formé par les montagnes. En haut, il y a un bâtiment radio, un bar pour les visiteurs assoiffés et une croix. La vue sur Banos et les environs est pas mal mais ne vaut pas celle que l'on peut avoir depuis l'autre rive.

 

Sur la carte topographique, il y a un sentier qui continue à monter jusqu'à l'entrée du parc de Sangay en passant par quelques villages. On essaie de le suivre en passant dans des sous-bois, un peu sur la route et dans les champs. Ca ne fait que monter. On passe les villages de Hospedales et Ulba. 

 

Les gens que l'on croise sont extrêmement souriants. Ils nous saluent et nous indiquent le chemin à suivre pour s'approcher le plus près du volcan. Le GPS indique que l'on a déjà franchi un dénivelé de 800 mètres.

 

Au détour d'un tournant, on aperçoit enfin le sommet du Tungurahua. Cependant, une crête masque le paysage et nous empêche de voir la vallée et la montagne en même temps. Après quelques minutes de pause, on continue notre ascension. Un panneau nous indique que l'on rentre dans le parc du Sangay. Véro n'a plus envie de monter et pourtant d'ici, on ne voit rien. J'espère qu'en suivant le sentier on finira par voir la vallée dans laquelle s'engouffrerait la lave en cas d'éruption.

 

 

Depuis un moment, on entend clairement le bruit du volcan. Les explosions ont lieu avec une périodicité étonnante. A chaque fois, une colonne de fumée s'échappe. D'après le GPS, nous ne sommes plus qu'à 5km du cratère. Le vent a tourné emportant avec lui les cendres rejetées à chaque dégazage. Une pluie de cendres commence à s'abattre sur nous en recouvrant nos sacs et épaules de poussières grises. Arrivés à une source d'eau ferrugineuse, nous sommes bloqués par la végétation et sommes obligés de traverser des prés dans lesquelles paissent des vaches peu impressionnées par la pluie de cendres et par notre présence. Finalement, nous arrivons sur la crète. Une percée dans les bois nous laisse apprécier la vue sur le volcan. Le bruit dégagé par les explosions est puissant et le ronronnement constant. Denis et moi sommes impressionnés. Véro ne veut plus avancer. On est à 3.8km du cratère et 1000m plus haut que Banos. L'heure nous obligera à arrêter là si nous ne voulons pas rentrer dans le noir.

 

En descendant, nous prenons un chemin plus direct mais plus difficile. Le sentier en terre et couvert de cailloux qui rendent la marche glissante. On bord de la route, Denis est séduit par un petit gamin jouant avec son lama. L'animal n'aime pas trop notre présence. Il me crache dessus lorsque je m'approche. Par contre, le gamin peut faire ce qu'il veut. Il lui saute sur le dos, lui tire les oreilles et s'accroche aux poils.

 

Après une bonne heure, nous arrivons au sommet de la parois protégeant Banos. Malheureusement, nous ne sommes pas au bon endroit et le chemin qui descend ressemble à une échelle sans échelon. Le moindre dérapage oblige à descendre en courant jusqu'au prochain talus permettant de ralentir. Véro est extrêmement prudente. Comme pour monter, on se fait dépasser par des enfants qui vont en ville. Contrairement à nous, ils courent et sautent de pierres en pierres. La nuit est tombée et nous sommes toujours en descendre sur le sentier plus confortable que nous avions gravi quelques heures plus tôt.

 

Carte du parcours...

 

C'est la dernière soirée à Banos et après la randonnée de 16km avec 2000m de dénivelé, nous cherchons à allons manger dans le bon restaurant de la ville : El higuerón. Pas de chance, il a déménagé à l'autre coté de Banos. Trop loin pour y aller à pieds pendant la nuit. On retourne à la closerie des Lilas. Déjà éméché par le rhum coca que nous avons bu à l'hôtel en compagnie d'un couple d'Américain attendant leur guide depuis 24 heures, Denis s'enfonce dans l'éthylisme un vidant une Pilsener d'un trait. La soirée s'annonce bien.

 

 

N'ayant pas trouvé d'Aguardiente, je demande au gardien de nuit de l'hôtel où trouver le précieux liquide. Comme pour se moquer de nous, il nous indique qu'il y a un gars qui en vend dans une caravane juste à 100m de l'hôtel. Un petit groupe de jeunes, verres à la main, discute devant la caravane. Il rigole un peu avec nous et demande au patron, visiblement ivre, de nous faire goûter. On reçoit chacun un petit verre de rhum et pour 1$, il nous remplit une bouteille de ½ litre de coca avec de l'aguardiente. A chaque fois que l'on boit du thé à l'orange acheté au super de Banos, on y ajoute un peu d'Aguardiente. Ca nous rappelle nos aventures en Equateur.

 

De retour à l'hôtel, Denis, complètement jeté lance un "Buon hastal huego" à la réceptionniste qui ne comprend rien à la situation ;-)

 

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Récit par Benoit Gosselet - Décembre 2003 - Email: bgosselet@swing.be

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