




| :: Jour 15 (le 27 septembre 2003) - La route Banos Puyo en VTT |
Beaucoup de gens viennent à Puyo pour la multitudes de randonnées que les environs proposent et pour faire la route Banos-Puyo, aussi appelée la route des cascades, à vélo. Cependant, la distance étant un peu longue, la plupart vont jusqu'à Rio Verde et puis font demi-tour en mettant les vélos sur le toit d'un bus.
Aimant le vélo et ayant déjà découvert la route hier en prenant le car jusqu'au Pailon del Diablo, nos sommes très enthousiasmé. Dommage que le ciel soit couvert. Dans la ville, il y a des dizaines de loueurs de VTT dont certains sont recommandés par le Lonely. En prévision d'un choix impossible, nous avions demandé à Jürgen (Biking dutch man) s'il n'avait pas quelqu'un à nous recommander. D'après lui, il y a de tout, des vélos pourris, des moyens et des bons, bien entretenus. Sa recommandation, est d'aller chez Alexandre, deux blocs derrière la rue piétonne. Il fait partie des bons et c'est un ami. Sans hésiter nous y allons. En effet, le gars est sympa. Il nous laisse essayer les vélos, effectue les réparations et réglages demandés. Le prix de location (incluant de quoi réparer un cas de crevaison) est ridicule : 2$ par jour. Les choses a vérifier : les freins, la selle qui doit être confortable, la suspension avant qui doit s'enfoncer lorsque l'on pousse dessus et qui ne doit pas avoir de jeu, l'état des pneus, la trousse de réparation, le câble et le cadenas. Ultra important, ne pas prendre de vélo tout suspendu, c'est crevant.
Nous voilà parti en direction de l'est vers la forêt amazonienne. Jusqu'à Rio Verde, on longe la rivière, on passe en dessous de cascades tombant sur la route, découvre le spectaculaire défilé façonné par le Rio Pastaza. Je ne vais pas décrire ici le trajet et recommande de lire le texte du Lonely Planet qui donne en long et en large le nom des chutes que l'on ne peut voir qu'en faisant la route à vélo.
Il est important de savoir que contrairement à ce que dit le guide LP, la route n'est pas dangereuse pour les cyclistes. Il faut néanmoins ne pas croiser les camions sans se mettre à l'abri, faire attention aux nuages de poussières qui sont soulevé par les voitures et qui aveuglent complètement et ne pas rouler à 5cm du précipice. Bref, aborder le parcours prudemment pour mieux découvrir le panorama.
La route est en cours d'amélioration et de nombreuses sections sont à présent réservées aux vélos. Les tronçons abandonnés sont très étroits et laissent imaginer les risques que prenaient les semi-remorques avant que les tunnels ne soient percés. A la sortie du plus long tunnel (que l'on n'emprunte pas), un pont métallique franchi un torrent. Un petit attroupement de jeunes profite du pont pour faire du saut à l'élastique. Vers 11 :00 nous arrivons à Rio Verde sans aucune difficultés. Jusqu'ici, la route ne fait que descendre.
Quelques kilomètres avant Rio Negro, la route en terre redevient de l'asphalte. Lassé par la poussière, nous sommes heureux de rouler sur une vraie route. Rio Negro est plus grand et plus tropicale que Rio Verde. Ici, le Rio Pastaza s'est élargit, alimenté par d'autres rivières. La ville est construite le long de la route. Il y a quelques magasins et même une épicerie vendant de quoi manger. Un autre groupe de cyclistes s'est arrêté là pour la pause de midi et nous faisons comme eux. Des chips, deux sandwiches et un coca suffisent à nous rassasier. Depuis le pont, on voit clairement que nous sommes en train de changer de paysage. En amont, on voit les Andes et en aval on découvre la cloud forest qui laissera plus loin la place à la plaine amazonienne.
On savait qu'après Rio Negro, la route commence à monter mais que cette partie est particulièrement belle. On continue malgré le ciel qui devient de plus en plus gris. Comme prévu, on quitte les paysages montagneux et on plonge dans la forêt tropicale. Les fils d'électriques sont envahis par les lianes, on entend les oiseaux chanter, l'eau coule en abondance, plein de petites rivières traverse la route, etc. La moiteur de l'air se fait sentir et rend la promenade plus difficile. En contre bas, la Rio Pastaza est maintenant une large rivière charriant de la boue et des branches tout en serpentant dans une jungle dense formée de gommiers, balisiers, palmiers et autres grands arbres aux feuilles énormes. Les épiphytes sont partout. Les lianes passent au-dessus de la route. Les sommets des montagnes sont recouverts de nuages formés par l'évaporation de la forêt. Pour ceux qui aiment la forêt tropicale, il faut absolument venir ici.
Tout a coup, un perroquet orange passe face à nous comme pour marquer l'entrée dans l'enfer vert. Le ciel menaçant depuis plus d'une heure apporte la pluie qui tombe toutes les après-midi dans les régions tropicales. On quitte la route pour se mettre à l'abri sous un hangar construit de troncs et de feuilles de palmes. De là, une vue sublime et totalement inattendue s'offre à nous : la fin des montagnes et le début de la plaine amazonienne. C'est exceptionnel de voir comment le paysage peut changer en seulement un kilomètre. Les montagnes à travers lesquelles nous roulions depuis deux heures s'arrêtent brutalement. Le Rio Pastaza s'élargit comme dans un delta, diminuant la puissance des ses eaux pour s'apprêter à se laisser glisser calmement jusqu'à l'Atlantique, 4500km à loin. Ce paysage restera un de nos meilleurs souvenirs.
La pluie a cessé et nous continuons vers Puyo. Malheureusement, il se fait tard et rentrer de nuit n'est pas recommandé. De plus, les bus qui circulent de nuit de prennent pas les passagers faisant signe en bord de route. A hauteur de la base de Mera-Shell, nous décidons de nous arrêter et de faire demi-tour. Presque plus de bus passent à cette heure. Un équatorien circulant en pick-up s'arrête près de nous et demande s'il faut nous ramener à Banos. Craignant de ne pas avoir de bus, nous acceptons. Les vélos sont embarqués, ficelés et nous montons à l'arrière du pick-up avec les poules. En une heure, nous faisons le parcours en sens inverse tout en ayant le plaisir de profiter de la vue. Dans les tunnels nous nous faisons arroser par les écoulements d'eaux traversant le plafond. A Banos, le conducteur, charmant, nous dépose où l'on demande, pas très loin de chez le loueur, et ce fait payer le prix du bus (2$ par personne). On rentre les vélos vers 18 :00 après avoir parcouru presque 50km. Cette journée était extraordinaire et nous ne pouvons que conseiller vivement de faire ce parcours magnifique.
De retour à l'hôtel, nous prenons une bonne douche pour se dépoussiérer et essayer d'enlever l'odeur de poules qui reste encore sur nos sacs. La bonne adresse du soir est la Casa Hood (16 de Diciembre près de Martinez). On y mangera bien. Malheureusement j'oublierai le produit anti-démangeaisons et passerai le reste du séjour à m'arracher les piqûres de moustiques. Impossible de trouver le même produit sur place. Le meilleur conseil que je peux donner: acheter 2 tubes de produit contre les gratouilles de moustiques pour être sûr d'un avoir au moins toujours un !!!
Récit par Benoit Gosselet - Avril 2004 - Email: bgosselet@swing.be
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