Jour 1
Le vol et l'arrivée
Jour 2
Le Quito Colonial
Village de Caldéron
Jour 3
Cratère du Pululahua
Midad del Mundo
Jour 4
Travel Agency Shopping
Jour 5
Tandayapa
La Cloud Forest à vélo
Jour 6
Marché d'Otavalo
Jour 7
Bus pour le Cotopaxi
Cheval près du volcan
 
Jour 8
Vélo sur le Cotopaxi
Jour 9
La cratère de Quilotoa
Jour 10
Bus jusqu'à Riabamba
Village de Guano
Jour 11
Balade dans la ville de Riobamba
Jour 12
Bus jusqu'à Banos
Eruption du Tungurahua
Jour 13
Balade sur les hauteurs de Banos
Jour 14
Rio Verde, Pailon del Diablo et Tarabita
 
Jour 15
Route de Puyo en VTT
Jour 16
Salasaca
et Montée au volcan (parc Sangay)
Jour 17
Bus jusqu'à Puyo puis Tena, Misahualli
Jour 18
Selva Viva
Foret amazonienne
Jour 19
Selva Viva
Foret Amazonienne
Jour 20
Tena - Quito en bus
Jour 21
Dernier achat et retour à Madrid

 


 

:: Jour 12 (le 24 septembre 2003) - Arrivée à Banos

 

Aujourd'hui, mercredi, c'est le départ du train pour Narriz del Diablo. L'activité dans l'hôtel commence tôt et, à nouveau, les Français ne se tracassent pas du sommeil des autres. Ils hurlent dans les couloirs et dans les chambres. Bref, je suis réveillé et agacé. Dans un tel bordel, l'envie d'aller voir partir le train s'en est totalement allée et je reste dans mon lit à paresser. En principe, le calme devrait revenir dès que le troupeau sera parti. Bingo ! Je me rendors et basta pour le train.

 

C'est notre dernier jour à Riobamba. Après le petit déj', nous nous préparons à prendre le bus pour Banos. Les sacs sont bouclés. Dans le patio, on regarde la télé en attendant Denis, qui comme à chaque fois, n'arrive pas à fermer son sac à dos. Un taxi nous emmène vers le terminal terrestre de l'Oriente. Rien qu'à prononcer le nom de cette région, nous avons l'impression que les vacances vont changer, que l'on va vers quelque chose de différent. Au terminal terrestre, situé à coté du marché aux animaux, nous achetons nos billets chez Sangay. Parmi tous les cars parqués, la plupart ont les pares brises cassés, les pneus lisses, la carrosserie pourrie. Par souci de sécurité, j'ai fait le tour du bus de chez Sangay, et n'ai rien remarqué de tel. Je me répète, il ne faut pas choisir n'importe quelle compagnie dans un pays où les gens roulent n'importe comment et où le réseau routier est mauvais.

 

Pour rejoindre Banos, le bus doit passer par Ambato. La route directe depuis Riobamba est fermée à cause de l'éruption en cours du Tungurahua. Dès que nous quittons la panaméricaine, nous sentons que quelque chose change. Le paysage devient plus vert, les montagnes se rapprochent en nous écrasant par leur taille. Le ciel devient bleu intense. A partir de Salasaca, la route plonge vers le fond d'une gorge profonde et nous voyons dans le bas le Rio Pastaza qui depuis des millions d'années creuse son lit entre les montagnes volcaniques. Le conducteur du bus roule sagement sur cette route sinueuse qui descend fortement vers Banos. Tous les autres cars nous dépassent en fonçant comme des malades.

Tout à coup, au détour d'un virage, le volcan Tungurahua se dévoile. Il est énorme et son cône décapité domine toute la vallée. La route passe au plus près, à moins de 10 km du sommet. Des panneaux indiquent que nous rentrons dans une zone dangereuse où l'activité volcanique est importante. En cas d'explosion du géant, nous n'aurons aucune chance de s'en sortir. Néanmoins, un lisant le site de l'Institut Géophysique, il semble que Banos n'est jamais été touché par une coulée pyroclastique. Il ville serait protégée par une barrière montagneuse qui détournerait la coulée vers les gorges de la rivière. 

 

Après 3 heures de bus, nous arrivons au petit terminal terrestre de Banos. Il y a quelques bus et des marchands ambulants tout autour. Les services font penser à ce que l'on pourrait trouver dans un aéroport microscopique. Les gens sont différents. L'ambiance est très calme et sereine. On est loin de l'agitation des autres terminaux et des autres villes. On est dans un gros village à 1800m d'altitude, à l'entrée de l'Amazonie et à la lisière de la cordillère des Andes. Le changement pressenti a lieu. On se sent bien et sommes convaincus que l'on va bien se plaire durant les 5 jours de l'étape.

A pieds, chargés comme des mulets, nous allons jusqu'à notre hotel : La Petite Auberge. Il est à 15 minutes du terminal, au pied de la paroi montagneuse et descendant vers les bassins. Traversant la ville, nous découvrons que l'ambiance est très touristique. Tout est fait pour faciliter la vie aux visiteurs. Il y a des agences de voyages, des laveries, des bars, des restaurants, des loueurs de vélos et de voitures et même un grand supermarché où l'on peut tout trouver.

 

 

 

L'hôtel a l'air très bien. Les bâtiments sont logés dans un grand jardin. Pour profiter au maximum de la chaleur tropicale, les chambres sont disposées autour d'un salon en rotin. Il y a aussi un grand feu ouvert pour les nuits en plein air. A la réception, on sonne pour appeler quelqu'un et s'enregistrer. Une dame ne parlant que l'espagnol nous accueille et nous donne les clefs des chambres. Elle nous amène aussi une pile de serviettes tellement vieilles (bien que propres), que l'on décide d'utiliser les nôtres. Les chambres sont toutes en bois et poussiéreuses mais c'est sympa et très calme.

 

 

L'après-midi a déjà commencé et, pendant que Véro s'installe, je vais au supermarché pour acheter de quoi déjeuner. On trouve tout, des chips, de l'alcool, des fruits, de l'eau, des conserves, etc. On est de retour à la civilisation à l'européenne. J'achète de quoi prendre l'apéro et manger. On déjeune dans le salon en regardant passer les colibris. Tout à coup une déflagration sourde se fait entendre. On voit un énorme nuage de poussières au dessus de la paroi montagneuse nous séparant du volcan. Le Tungurahua fait savoir qu'il est en éruption. 

 

 

 

La moiteur tropicale donne envie de faire la sieste. Pendant que Véro se prélasse, Denis vient avec moi jusqu'aux bassins de la Vierge, célèbres pour la qualité des eaux de sources chauffées par le volcan. La ville est tranquille et propre. A l'entrée des bassins, les femmes lavent leur linge dans des bacs en béton alimentés par une eau cristalline venant de la cascade toute proche.  Nous montons les quelques marches pour avoir une vue sur les bassins de la vierge. Du pied de la cascade, nous voyons bien le complexe et surtout, découvrons le site fabuleux dans lequel se trouve la ville de Banos. La ville est blottie dans un cirque montagneux où tout est vert et contraste avec le ciel bleu. C'est un autre visage de l'Equateur, très loin de celui du paramo et des Andes.

 

 

 

L'heure de la sieste est terminée et je ne peux me retenir d'aller voir le volcan en espérant voir les explosions. A pieds, nous traversons la ville et remontons au maximum pour ne pas avoir la vue bloquée par la paroi. De l'autre coté de la rue, face au terminal terrestre, nous allons voir la vallée du Rio Pastaza où un pont est en construction au dessus de la rivière. C'est incroyable, sur le pont il n'y a aucune barrière de sécurité et les gens s'y balade avec les enfants pour venir voir l'avancement des travaux. En cette fin d'après midi, les couleurs des montagnes sont merveilleuses. Les verts sont intenses, les reflets sont mordorés et la lumière rasante donne du relief au site. Pour parfaire le tout, un ciel d'orage couvre l'horizon au dessus de la forêt amazonienne. C'est splendide.

 

   

 

Nous continuons à marcher jusqu'à l'entrée de la ville pour voir le volcan. Par chance, ça fait quelques jours que le volcan est entré dans une phase éruptive intense (nous le saurons plus tard en consultant le site web de l'institut géophysique et un dégagement brusque de gaz vient de se produire. Une énorme colonne de fumée de plusieurs kilomètres de haut se forme sous nos yeux. Denis prend plein de photos de " sa première éruption volcanique ". La lumière change de couleur en traversant le nuage noir. Le ciel devient gris, pourpre, rouge et orange. A part nous, personne n'a l'air d'être perturbé le moins du monde par ce qui vient de se produire. Les habitants qui ont fuit la ville il y a quelques années sont revenus braver le danger pour continuer à vivre avec leur volcan. En y réfléchissant, c'est normal que personne ne se retourne pour regarder un phénomène qui a lieu plusieurs fois par jour.

 

 

 

Le coucher du soleil interrompt le spectacle. Nous rentrons en ville pour aller prendre l'apéro et choisir un restaurant où aller dîner. L'ambiance en ville commence à monter. Les touristes sont tous de retour de leurs excursions et, comme nous, viennent prendre l'apéro aux terrasses des dizaines de bars que compte la rue principale. En fin de journée, la police interdit la circulation dans la rue pour en faire un axe piétonnier bien agréable. Les magasins sont tous ouverts et les gens déambulent avant d'aller dîner. Après un jugo de tomata de arbol et un cuba libre, nous allons à La Closerie des Lilas. Comme le nom l'indique, la cuisine est inspirée de la France. Le resto est vide. Tant pis, nous suivons les recommandations du Lonely. On mangera très bien pour un prix dès doux.

 

Au soir, de retour à l'hôtel, on bavardera un peu avec le propriétaire de l'hôtel qui parle parfaitement le français. Le salon est parfait pour se détendre avant d'aller se coucher. D'ici, on entend les grenouilles qui croassent dans les arbres. C'est un peu comme aux tropiques…

 

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Récit par Benoit Gosselet - Février 2004 - Email: bgosselet@swing.be

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