




| :: Jour 10 (le 22 septembre 2003) - Bus vers Riobamba & Village de Guano |
Mais qu'est ce que ça passe vite. Il faut déjà s'en aller pour rallier un nouvel endroit. Cependant, nous allons pour la première fois nous écarter du planning prévu et aller dans une ville où ne comptions pas nous rendre : Riobamba.
Ce matin, malgré un temps très mauvais, nous sommes heureux. En effet, nous en avons marre du froid polaire de la nuit, du brouillard et de la pluie et sommes ravi de partir pour aller là où il fait beau et chaud. Véro nous avait motivé à partir plus tôt que prévu et la pluie d'aujourd'hui la conforte dans son choix. Après un bon petit déjeuner, nous partons à pieds, sous la pluie, pour rejoindre la panaméricaine et intercepter un bus. Il faudra moins d'un quart d'heure de marche pour aller jusqu'à la station service située en contrebas du chemin d'accès à l'hacienda. Là, au bord de la route, nous mettons les sacs à l'abris de la pluie sous un eucalyptus et commençons à faire le guet pour voir arriver un bus d'une compagnie réputée (Sangay ou Riobamba). Pour faciliter les choses, je me poste une cinquantaine de mètre en amont de la station service de façon à voir le bus, faire signe et lui permettre de s'arrêter sur le macadam. Après environ 30 minutes d'attente, voici le bus orange de la compagnie Riobamba. Un signe auquel le chauffeur répond par un appel de phare suffit pour que le bus s'arrête. On place nos sacs trempés dans la soute et on monte pour 2 à 3 heures de bus jusqu'à Riobamba. Rien de spécial durant ce trajet sous la pluie battante.
Le soleil refait son apparition à Ambato. Grosse ville située à 250 km au sud de Quito. Curieusement, le bus emprunte une piste de terre bordant le chemin de fer pour rentrer dans la ville. Ca doit d'être un sacré raccourci pour motiver le chauffeur à passer par là. Dans Ambato, il y a beaucoup de trafic et le bus n'avance quasi plus. Des passagers montent et descendent durant l'escale au terminal terrestre et puis le bus repart. C'est tout ce que l'on retiendra de la ville.
La route d'Ambato à Riobamba est une belle route bordée de volcans. A droite le Chimborazo (point culminant de l'Equateur) et à gauche, au loin, le Tungurahua en éruption. Il y en a d'autres mais leurs noms m'échappent. De temps en temps nous voyons les rails du chemin de fer. Le parallélisme des voies est une vue de l'esprit. Les voies sont même parfois enterrées. Pas étonnant que le train déraille tout le temps. L'entrée de Riobamba n'a rien d'extraordinaire. Le bus nous dépose à son terminal au nord de la cité. Ici, les gens sont très différents de Quito ou de la région de Cotopaxi. Ils sourient, semblent plus agréables et surtout plus civilisés. Nous prenons un taxi pour aller jusqu'à l'hôtel repéré dans le Lonely Planet. Nous découvrons une ville propre, très commerciale et dessinée en damier, comme souvent.
L'hôtel Montecarlo est à proximité du centre ville sur une grosse avenue. On se sent en peu en Espagne tellement les constructions sont similaires. Le taxi s'arrête en face de l'hôtel, nous aide gentiment à décharger les bagages en pleine rue et nous demande 2.00$. Quel rapport qualité/prix par rapport à Quito.
L'hôtel est situé dans un patio couvert autour duquel sont réparties les chambres sur deux étages. Nous n'avions fait aucune réservation en supposant n'avoir aucun problème. En effet, nous pouvons visiter toutes les chambres et choisir ce que l'on veut. Le prix est fixé par personne et par chambre. Véro et moi prenons la plus grande chambre avec vue sur la rue depuis un balcon et Denis prend une chambre à l'arrière avec vue sur le jardin. Les deux chambres sont au 1er étage et ont une fenêtre donnant vers l'extérieur contrairement aux chambres centrales qui ont une fenêtre donnant dans le patio. Les salles de bains sont un peu craignos. Elles sont propres mais vieillottes…. C'est un peu le même pour l'hôtel : propre, bien situé mais vieux. Pour 2 nuits et 12.20$ par personnes, nous ne devons pas nous plaindre. Dehors il pleut toujours. Le mauvais temps ne perturbe pas notre bonne humeur. De toute façon, aujourd'hui, c'est une journée cool durant laquelle on va glander un peu. Depuis notre départ, nous n'avons pas encore eu le temps de ne rien faire.
Véro avait lu dans le guide du Routard qu'il fallait absolument aller manger des sandwiches dans un petit bar tenu par un gars qui a vécu à Miami. Chez Hugo's Fuente de Soda (Pichincha, entre Guayaquilet 10 de Agosto). Il paraîtrait qu'ils sont délicieux et surtout, qu'il y a des jus de mures (jugo de mora) succulents. Le bar est à 2 blocs de l'hôtel, nous y allons sans tarder pour déjeuner.
En entrant dans le bar, on se croit être au USA. Il y a de la musique, des pubs, deux grands tableaux affichant les prix, des gadgets made in America partout et un comptoir ultra propre. Le barman, probablement le gars qui a vécu à Miami, est habillé avec un nœud pap', une chemise blanche et un pantalon noir. Nous sommes à une année lumière de l'équateur que nous avons connu jusqu'ici. On commande des jus de mora et des sandwiches qui sont préparés devant nous comme s'il s'agissait d'une exhibition. Nous assistons au spectacle assis sur des tabourets de comptoir. C'est génial. Nous sommes resté au bar pendant une heure et pas une minute, le gars n'a cessé de nettoyer, de faire briller les verres, d'astiquer les métaux pour que tout soit parfait. Jamais vu un pareil maniaque.
La pluie s'est arrêtée et c'est sous un soleil de début d'après-midi que nous retournons à l'hôtel pour faire une sieste. Véro est heureuse, il fait enfin chaud. Durant la sieste, j'étudie les possibilités de balades dans les environs et me renseigne auprès de la réception sur les possibilités de randonnées au Chimborazo. D'après eux, c'est difficile et long. Il déconseille de le faire en une journée. Je renonce. Par contre, le Lonely Planet conseille d'aller jusqu'à Guano où ils fabriquent de beaux tapis et d'où on peut observer le Tungurahua distant de plus de 30km. Il conseille aussi de découvrir la ville à son aise. Le programme est fait pour cet après-midi et demain.
Vers 16 :00, j'éveille les deux paresseux et leur explique que j'ai envie d'aller jusqu'à Guano pour voir le coucher de soleil. C'est à 20 minutes en bus sur les hauteurs de la ville. Ils sont d'accord et nous partons à pieds jusqu'au départ du bus à 10 blocs vers l'est. Après un peu de confusion quant au point de départ du bus, nous finissons par embarquer dans un vieux véhicule complètement pourri. Il y a du soleil. Il faut chaud et le paysage est sympa. Le bus prend de l'altitude par rapport à Riobamba et nous avons une très belle vue sur le Chimborazo au nord de la ville.
Le village de Guano n'a rien de beau et les tapis, spécialité locale, que l'on peut apercevoir pendus aux façades des magasins, sont abominables. Ils présentent des têtes de tigres, des dauphins, des personnes modernes, etc… Rien à voir avec l'art andins vu à Otavalo. Nous continuons notre chemin jusqu'à Santa Teresita pour voir l'Altar, le Tungurahua et les sources thermales. Le bus nous arrête sur la place du village dominée par une belle petite église. Ici, il n'y a pas le moindre touriste.
Le chemin qui mène aux sources est très mal indiqué. Nous demandons aux villageois comment nous y rendre et tous nous indiquent qu'il faut descendre dans le fond du village par la route goudronnée. En cours de marche, nous commençons à voir le Tungurahua qui vient de cracher un nuage de poussières. Afin de mieux voir l'éruption en cours, nous faisons demi-tour et essayons d'avoir une vue dégagée depuis le sommet de la colline dominant le village. Depuis le terminal de bus, nous grimpons un sentier poussiéreux qui mène à des baraques en tôles. L'endroit n'a rien d'entreprenant mais nous espérons avoir une belle vue. Du point le plus élevé nous voyons le nuage de poussières qui, porté par le vent, d'étend sur des dizaines de kilomètres. C'est impressionnant et surtout, ça promet un beau spectacle depuis Banos, situé au pied du volcan, où nous serons dans quelques jours.
Pour profiter du coucher de soleil, nos redescendons et reprenons la route des sources. En chemin nous croissons les habitants qui rentrent chez eux à pieds et ramène le bétail. Il y a des ânes, des vaches, des moutons et des chèvres. L'endroit très agricole est magnifique. Les couleurs mordorées du coucher de soleil sur les près avec les montagnes multicolores en arrière plan donnent au paysage en relief splendide. Au loin, à travers les percées nuageuses, on peut voir les neiges et glaciers de l'Altar. A droite, la montagne est comme découpée en tranche de couleur différente marquant les différents niveaux de végétation d'altitude. Cette zone rurale est très agréable et propice à la photo. Je prendrais beaucoup de clichés de gens et des animaux plongés dans le paysage éclairé par un soleil de fin de journée. Nous sommes séduits.
Il commence à faire nuit et il est temps de rentrer. Le bus nous ramène jusqu'en ville où, avant d'aller à l'hôtel, nous ferons une halte à un Cyber Café pour donner des nouvelles et s'assurer que le Liana Lodge peut nous accueillir.
Au soir, nous irons manger une pizza dans un restaurant un peu glauque. Autant les rues de Riobamba sont vivantes pendant la journée, autant elles sont désertes durant la nuit. Les pizzas, réputées être les meilleures de la ville, ne sont pas très bonnes. On mangera rapidement et rejoindrons l'hôtel à toute vitesse.
Le réceptionniste de nuit de l'hôtel regarde la télévision située dans le patio. Tous les résidents ont droit à l'épisode du feuilleton en vogue pour le moment. Les boules Quies seront nécessaires pour s'endormir avec le bruit de la TV et celui des voitures fonçant à toute allure dans la rue.
Récit par Benoit Gosselet - Décembre 2003 - Email: bgosselet@swing.be
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